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Dans les coulisses de l’affaire Sky, l’enquête qui a décrypté les secrets du grand banditisme

Par Simon Piel et Jean-Pierre Stroobants

Publié le 09 juin 2021 à 05h08

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EnquêteL’arrestation, mardi 8 juin, de plusieurs centaines de personnes utilisant des communications cryptées montre l’importance de ces technologies au sein du crime organisé et fait écho à l’affaire de l’application Sky ECC, mise hors service en mars. Retour sur une enquête hors norme qui continue de livrer de précieux renseignements à la justice, notamment en France.

A première vue, c’est un banal téléphone. Un iPhone, un BlackBerry ou un Samsung. De l’extérieur, rien ne le distingue des autres appareils. Sauf que son usage est limité : impossible, avec lui, de passer des appels, d’envoyer un courriel, d’aller sur Instagram, ou de prendre des photos. Sa seule fonction ? Envoyer des messages, écrits et vocaux.

Cette particularité a un coût (1 300 euros au minimum avec trois mois de forfait) et doit tout à la seule application dont il dispose : Sky ECC. Un outil présenté par son développeur canadien, la société Sky Global, comme le moyen le plus sûr au monde pour échanger sans que quiconque puisse intercepter les messages ni identifier leurs auteurs. Des fonctions réservées d’ordinaire aux chefs d’Etat, aux cadres militaires ou aux agences de renseignement…

Dans la région parisienne, un passionné de nouvelles technologies connaît bien cette application si particulière : Abdoulaye, un électromécanicien de 42 ans, installé dans le Val-d’Oise. En 2019, il a fait partie des quelques personnes qui, après s’être inscrites sur le site de Sky Global, ont eu la possibilité d’intégrer l’équipe française des revendeurs de ces téléphones spécialement formatés. L’occasion, pour lui, de rebondir, après la liquidation de sa petite entreprise.

Pendant quelques mois, il a donc acheté des dizaines de téléphones, toujours en espèces, à un grossiste travaillant pour Sky Global. L’homme en question donnait ses rendez-vous aux portes de Paris. D’après Abdoulaye, il se montrait « très méfiant », et n’a jamais révélé son identité. Le quadragénaire ne s’est pas inquiété outre mesure, son « job » consistant juste à revendre ensuite les appareils avec une marge appréciable.

Du moins est-ce l’explication qu’il a avancée, en mars, devant la police judiciaire (PJ), curieuse de savoir comment il s’était fait embarquer dans une affaire d’ampleur quasi planétaire, un dossier où il est question d’organisations mafieuses, de trafic de drogue, d’armes et d’assassinats. Au cœur du scénario : la fameuse application Sky ECC.

Lire aussi Le site du fabricant de téléphones chiffrés Sky Global fermé par les autorités

Avec un tel « outil de travail », le temps des pizzini, ces minibouts de papier échangés entre mafieux et destinés à être brûlés après lecture, paraît bien lointain… L’heure est aux cryptophones, ces technologies devenues indispensables à la conduite des affaires criminelles, car censées garantir le secret des correspondances téléphoniques. Mieux : les données peuvent être effacées à distance, une fonctionnalité fort utile en cas de saisie par la police.

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