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Hockey sur glace – Montréal, l’équipe qui ne devait pas gagner

Publié28 juin 2021, 21:28

Le Canadien a fait face à l’élimination au premier tour des play-off avant de trouver une identité et de déjouer tous les pronostics. Il jouera l’acte I de la finale de NHL dans la nuit de lundi à mardi à Tampa Bay.

Le gardien Carey Price, seigneurial en play-off, et l’ailier Arturri Lehkonen, auteur du but de la qualification contre Las Vegas.

AFP

«L’équipe qui ne devait pas gagner.» Tel est le titre de l’ouvrage publié en 2016 par Richard Labbé, journaliste à «La Presse». Sur 232 pages, l’auteur narre les dessous de la 23e et avant-dernière conquête de la Coupe Stanley du Canadien de Montréal en 1986. Alors entraînée par Jean Perron, l’équipe de la métropole québécoise avait été négligée par les suiveurs, qui la jugeaient trop frêle, trop lente, trop inexpérimentée (12 recrues dans l’alignement) pour pouvoir exercer un rôle dans la ligue la plus compétitive du monde.

Le 24 mai, contre toute attente, le Tricolore avait remporté les grands honneurs contre Calgary grâce notamment au brio d’un néophyte de 20 ans devant le filet, Patrick Roy.

La couverture du livre «L’équipe qui ne devait pas gagner».

DR

«L’équipe qui ne devait pas gagner, Tome 2.» Tel pourrait être le titre du prochain livre de Richard Labbé. 28 ans après avoir soulevé sa dernière Coupe Stanley, Montréal s’est en effet faufilé en finale de l’édition 2021. Dans la nuit de lundi à mardi (2h, suisse), les Habs défieront le puissant Lightning de Tampa Bay, vainqueur du Trophée en 2020, dans l’acte I du combat des chefs au meilleur des sept rencontres.

Le fabuleux parcours du Canadien de Montréal est salué par des milliers de supporters devant le Centre Bell.

AFP

Et personne, mais alors vraiment personne, ne l’avait vu venir.

D’ailleurs, au classement général final de la saison régulière, Montréal avait figuré à la 18e place d’une ligue qui invite ses 16 meilleurs membres au bal printanier. Il avait cependant validé son billet pour les séries en s’accrochant au quatrième rang de la Division Nord.

Le Montréal de 2021 revient donc de nulle part et avait créé une quasi unanimité contre lui à la veille de chacune de ses trois premières séries éliminatoires.

Ses chances d’envoyer le catalogue Kuoni à Auston Matthews et à ses coéquipiers des Maple Leafs de Toronto en première ronde? Inexistantes.

Tous les experts de «Sportsnet» avaient négligé Montréal contre Toronto.

DR

Les 23 experts du réseau «Sportsnet», détenteur des droits de diffusion, avaient misé sur une qualification du club de la Ville-Reine.

Au final, Montréal s’est imposé 4-3 après avoir été mené 1-3 dans le duel.
En finale de la Division Nord, constituée exclusivement des sept formations canadiennes pour des raisons sanitaires, le CH s’est retrouvé face aux Jets de Winnipeg, qui venaient de balayer les Oilers d’Edmonton (4-0). La probabilité d’une qualification? Rachitique.

12 des 13 spécialistes de «ESPN» avaient prédit une victoire de Winnipeg contre Montréal.

DR

12 des 13 spécialistes sondés par «ESPN» avaient prédit une victoire de la formation du Manitoba.

Le résultat: 4-0 pour les Habs.

Cette si faible Division Nord

Une théorie avait alors germé sur les plateaux de télévision, dans les stations de radio et dans les colonnes des analystes: la faiblesse de la Division Nord est effrayante.

En demi-finale contre les Golden Knights de Las Vegas, Montréal était au mieux considéré comme un underdog, plus généralement comme un imposteur.

Même les rédacteurs et chroniqueurs du «Journal de Montréal», dont certains ont probablement un CH tatoué sur le coeur, estimaient que la marche était trop haute et que l’heure du golf allait bientôt sonner pour les hockeyeurs basés au Centre Bell.

Même pour «Le Journal de Montréal», Las Vegas était favori de la demi-finale.

Le Journal de Montréal

Sur 15 personnes, 11 avaient misé sur un succès des robustes joueurs du Nevada.

L’issue du show: 4-2 pour un Montréal imperturbable, structuré, opportuniste, solidaire et terriblement efficace dans les trois zones de la patinoire.

Du télé-coaching

De surcroît privé depuis 10 jours de son entraîneur Dominique Ducharme, qui a été testé positif au Covid-19 et qui officie par télé-coaching, le Canadien a enchaîné les performances séduisantes et affolé les statistiques d’une ligue plus que centenaire.

Il n’a pas accordé de buts lors des trente dernières séquences d’infériorité numérique.

Il a maintenu une efficacité de 93,5% alors que l’un de ses membres était en prison.

Il affiche un bilan favorable en désavantage numérique. Il a inscrit un but de plus qu’il n’en a accordé.

Devant le filet, Carey Price présente une fiche de 93,4% d’arrêts. Un seul gardien a fait mieux, son futur vis-à-vis du Lightning Andrei Vasilevskiy (93,6%).

Trois de ses sept meilleurs compteurs ont moins de 21 ans: le centre ontarien Nick Suzuki (13 points), l’ailier américain Cole Caufield (9) et le centre finlandais Jesperi Kotkaniemi (7).

‹On ne serait pas en finale sans une part de chance.››

Marc Bergevin, directeur général du Canadien de Montréal

Au bord du précipice après l’acte IV de la série contre Toronto, Montréal a trouvé l’étincelle peu avant le cinquième duel, remporté en prolongation. Selon les témoignages de plusieurs joueurs lors des conférences de presse organisées par Zoom, des vétérans (Shea Weber, Corey Perry et Eric Staal) se sont levés pour réveiller les émotions et placer le groupe face à ses responsabilités. Et les Habs ont aligné sept succès.

«Mais on ne serait pas en finale sans une part de chance», a reconnu le directeur général Marc Bergevin.

Face à Tampa Bay, Montréal sera à nouveau considéré comme l’outsider. Mais les prédictions sont plus nuancées qu’avant les rondes précédentes.

Ainsi, deux des cinq journalistes de «La Presse» pensent que les Glorieux vont le redevenir.

Les pronos des journalistes de «La Presse».

La Presse+

Et 11 des 15 experts du «Journal de Montréal» croient à un triomphe des Habs.

Les pronos de la finale des rédacteurs et chroniqueurs du «Journal de Montréal».

Le Journal de Montréal

Des choix qui ne plaisent que modérément à Paul Wilson, responsable de la communication des Habs.

«Si je me fie aux prédictions précédentes, pas certain que ce soit un bon signe ça», a-t-il tweeté.

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