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AccueilSociété«Négrophobie d’État» sur la statue de Colbert: l’auteur condamné

«Négrophobie d’État» sur la statue de Colbert: l’auteur condamné

Ce militant «antiraciste et décolonial» a l’intention de faire appel et d’attaquer l’État pour «apologie de crimes contre l’humanité».

Cela se voulait «un acte politique», mais la justice n’y a vu qu’une simple «dégradation». Le militant «anti-négrophobie» qui avait tagué la statue de Colbert devant l’Assemblée nationale en 2020 a été condamné, ce lundi, par le tribunal de Paris, à une amende de 500 euros. Il a aussitôt annoncé son intention de faire appel, ainsi que d’attaquer l’État pour «apologie de crimes contre l’humanité».

Le 23 juin 2020, Franco Lollia, un Guadeloupéen de 49 ans, avait tagué «Négrophobie d’État» en rouge sur le socle de la statue de Colbert, ministre de Louis XIV et initiateur du code noir qui a légiféré sur l’esclavage dans les colonies françaises. Il avait ensuite jeté de la peinture rouge sur la statue, dans une scène filmée et mise en ligne sur les réseaux sociaux par la «Brigade anti-négrophobie» (BAN). Lors de son procès, le 10 mai dernier, il avait expliqué agir au nom de ce collectif créé en 2005, qui se dit «antiraciste et décolonial», qui «lutte contre la négrophobie en particulier et le racisme d’État en général», et qui reprend l’imagerie du mouvement américain d’inspiration marxiste-léniniste Black Panther. «On a écouté M. Macron, qui disait qu’il faut que la France assume l’entièreté de son histoire, s’était-il justifié. On a voulu l’aider à aller jusqu’au bout de cette démarche, car on voyait qu’il y avait des résistances à l’intérieur de son gouvernement.»

«Négrocidaire»

Entouré de ses quatre avocats, le porte-parole de la BAN aura tout fait pour transformer son procès en tribune. Aidé par un hasard du calendrier: il s’est tenu le 10 mai, date de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. À l’issue de l’audience, au micro de la chaîne La Première, Franco Lollia déplorait: «Ils parlent de tag, de traces. Ils n’ont même pas abordé la question (de la négrophobie). C’est pour nous, un aveu.» «L’État français, toujours néocolonial, continue à assumer de manière officieuse la négrophobie d’État!» a réagi le militant après le délibéré. «L’État français veut à tout prix éviter de débattre de la question des réparations, abonde l’un de ses conseils, Me Guy Florentin, auprès du Figaro. Un geste symbolique a été posé, mais on fait semblant de ne pas comprendre le véritable sens de ce geste, c’est-à-dire mettre au jour les conséquences du code noir, ce que M. Lollia appelle la négrophobie d’État. La seule réponse à une demande de justice sociale, c’est le déni et la répression.»

Pour l’instant, Franco Lollia ne paiera «ni les 500 euros d’amende, ni les 1040 euros dus à l’Assemblée nationale, correspondant au nettoyage de la statue», poursuit son avocat. Non seulement la BAN fait appel, mais, dans une vidéo diffusée sur son compte Twitter, elle annonce avoir «décidé de passer à la vitesse supérieure», tout en continuant d’«exiger le déboulonnement de la statue de Colbert, le “négrocidaire”, du fronton de la prétendue Assemblée nationale». D’autres demandes de retrait de statues sont «en discussion». «Il y a un peu plus d’un mois, la BAN a écrit aux autorités, précise Me Florentin.Sans réponse au bout de deux mois, on pourra attaquer l’État pour apologie de crime contre l’humanité.»

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