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ces Français qui préfèrent multiplier les tests plutôt que de se faire vacciner

TÉMOIGNAGES – Avec l’entrée en vigueur du pass sanitaire, la population française est contrainte de présenter un test négatif ou d’être vaccinée pour participer à des événements réunissant plus de 1000 personnes. Tous ne font pas le même choix.

Avec l’arrivée du pass sanitaire au début du mois de juin, l’accès des lieux ou événements accueillant plus de 1000 personnes est limité à trois conditions : être vacciné contre le Covid-19, disposer d’un test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 ou 48 heures, ou avoir été positif entre six mois et deux semaines plus tôt. Pour ceux qui ne souhaitent pas bénéficier du précieux sérum contre le coronavirus mais veulent quand même voyager, aller au stade ou encore (prochainement) faire la fête en discothèque, il reste donc une solution : multiplier les tests. Une situation délicate qui a récemment poussé l’Académie de médecine à proposer une solution déjà adoptée par de nombreux pays : rendre payant ces tests qualifiés de «confort» ou «convenance personnelle», pour pousser la population récalcitrante à se faire vacciner.

«On ne sait pas quelle est la part de tests réalisés à des fins diagnostics et à des fins de convenance personnelle», résume le Pr Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie de médecine, auprès du Figaro. «Mais cette proportion reste importante […] et il y a de plus en plus de personnes qui préfèrent se faire tester pour obtenir le pass sanitaire», s’inquiète l’épidémiologiste, qui met en avant le coût de ces tests, que la France est un des rares pays à rendre gratuits : «On est parti du constat qu’on faisait plus de deux millions de tests par semaine, pour un coût de 100 à 120 millions d’euros».

Le médecin plaide également pour que le gouvernement déploie «un vrai moyen de communication» autour de la vaccination : «Jusqu’à présent vous avez eu le choix, maintenant on a suffisamment de vaccins. Donc si vous voulez vous faire tester, ce sera à vos frais». Un discours «totalement pertinent et recevable» pour Yves Buisson, mais qui se heurte à un obstacle de taille : certains Français, dont Le Figaro a recueilli le témoignage, se méfient encore du vaccin et préfèrent donc multiplier les tests.

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Le vaccin, une technologie qui inquiète toujours

C’est notamment le cas de Jérémy. À 29 ans, cet autoentrepreneur refuse de recevoir le vaccin, mais également les tests PCR. Pour lui, «ce sera juste des tests salivaires et maintenir les gestes barrières». «Je ne suis déjà pas fan des piqûres, mais encore moins qu’on m’insère un coton-tige dans le nez», confie-t-il. En ce qui concerne le vaccin, le jeune homme, qui ne se voit pas comme un antivax «mais comme une personne qui s’attend à mieux de la part de la médecine», estime «qu’à l’heure actuelle, ce n’en est pas vraiment un», car il a été créé «trop rapidement». Même son de cloche du côté de Nadège, qui préfère elle aussi les tests réguliers à la vaccination. «C’est un choix rationnel face à une technologie qu’on sait insuffisamment testée et qui révèle ses limites», estime cette inspectrice en analyse informatique, qui appelle surtout à «éviter les lieux publics avec beaucoup de brassage et à mettre un masque». Pour elle, «le vaccin, c’est la solution du snobisme : comme vous êtes contagieux avec les nouveaux variants, même vaccinés, cela vous donne un faux sentiment de sécurité».

Loïc, 32 ans, préfère lui aussi se faire tester, «même si [s]on nez n’est pas d’accord». Cet animateur en Accueil de loisirs sans hébergement (Alsh) invoque «la notion de libre choix» pour justifier son refus de la vaccination. Comme les précédents témoins, il se méfie particulièrement de «l’industrie pharmaceutique» et ne souhaite pas lui accorder «une confiance aveugle». Tout est une question de «confiance pour nous et de pognon» pour les politiques et l’industrie, juge le jeune homme. Praticia n’est, elle, pas complètement opposée aux vaccins, mais préfère prendre son temps : «Je pense que le test est moins dangereux qu’une injection. Le jour où le vaccin sera fiable à 100%, on verra».

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Disparition d’un certain «esprit civique» ?

Mais sur les réseaux sociaux, une poignée d’internautes s’insurgent du manque de responsabilité dont font preuve, selon eux, certains de leurs compatriotes. «Il faut d’urgence dérembourser les tests anti-Covid. Nous avons les vaccins. Que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner assument jusqu’au bout et paient leurs tests», recommande Joseph. Idem pour Nicole : «Que chacun fasse ce qu’il veut, mais qu’on arrête de financer les tests de complaisance de ceux qui refusent de se faire vacciner». Auprès du Figaro, le Pr Yves Buisson déplore, lui, «un sens des responsabilités, un esprit civique qui a disparu» chez certains Français. Il estime que rendre les tests payants pourrait bien «avoir un impact, même petit» : «S’ils préfèrent payer plus, tant pis pour eux. Mais beaucoup vont trouver que ça fait cher et se tourner vers le vaccin, prédit l’épidémiologiste. Il faut que le gouvernement fasse comprendre qu’on arrête de plaisanter. Il faut que tout le monde se fasse vacciner, sinon on va repartir dans une quatrième vague».

Le gouvernement pourrait d’ailleurs prochainement suivre l’avis de l’Académie de médecine. Sur France Info, ce mardi 29 juin, Olivier Véran a indiqué qu’il envisageait cette option pour le mois de septembre. «C’est une piste à l’étude», a soufflé le ministre de la Santé. La veille, au même micro, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait tenu un discours similaire : «Autour de la rentrée, c’est une question qui se posera. Je ne fais pas d’annonce, évidemment, mais la question pourra se poser».

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