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Football – «Mon cœur va forcément être le grand vainqueur»

Publié2 juillet 2021, 13:27

Hispano-Suisse, Pablo Iglesias se réjouit de ce quart de finale entre les deux pays qui le font vibrer. Pour lui, la fraîcheur risque de faire la différence.

Pablo Iglesias pense que «si en termes d’individualités et de talent, il y a des moments dans le match où l’Espagne sera difficile à négocier, mais la Suisse a plus d’expérience dans ce type de tournoi qui peut jouer en sa faveur.»

VQH/PATRICK MARTIN

Comme beaucoup de monde en Suisse, il a forcément vibré, lundi soir, devant son poste de télévision. Pablo Iglesias a évidemment exulté une fois l’arrêt de Yann Sommer, qu’il connaît bien. «J’ai fêté, même si je suis un binational», s’exclame l’ex-coach et directeur sportif du LS, qui a aussi été entraîneur dans les sélections nationales où il avait côtoyé de nombreux joueurs qui se trouvaient sur ce terrain de Bucarest.

Mais vendredi, Pablo, c’est l’Espagne, votre pays d’origine que la Suisse va affronter. C’est «autre chose», forcément un match particulier pour vous, non?

Complètement! Le match en lui-même déjà c’est quelque chose de différent, car les approches ne sont pas les mêmes pour les deux équipes. Mais franchement il faut profiter ce qu’on a vécu lundi, car on n’arrive même pas vraiment à profiter de la portée de cet exploit à cause du très peu de jour qu’il y a entre les deux matches. C’est incroyable.

Et là, vous le voyez comment ce quart de finale face aux Ibères?

Je vois ce match tout aussi compliqué que face à la France. Même plus. Parce que la France était plus prévisible. De par sa surmédiatisation et la montagne que représentait le groupe, elle capturait une attention maximale tellement on n’était même pas considéré comme un outsider. Maintenant, je ne pensais pas qu’on était capable de réaliser un match pareil, même si, contrairement à d’autres personnes, trop extrêmes, je ne voyais pas les champions du monde mettre une raclée à la Suisse. Maintenant, pour avoir rencontré à deux reprises les Espagnols ces derniers mois, la Suisse connaît mieux son adversaire de vendredi et c’est un avantage, Mais l’approche est différente…

‹‹ La Suisse connaît mieux son adversaire de vendredi et c’est un avantage. Mais l’approche est différente.››

Pablo Iglesias, ex-entraîneur et directeur sportif du LS

Personne n’a oublié le but de Gelson Fernandes, le 16 juin 2010 à Durban, contre l’Espagne de Piqué…

LMS/LAURENT CROTTET

Est-ce que selon vous, on se retrouve dans la même configuration que le 16 juin 2010 à Durban lors de la Coupe du monde, lorsque Gelson Fernandes avait permis à la Suisse de battre l’Espagne?

Sauf que cette fois-ci la Suisse va défier une Espagne en reconstruction. Tu ne la mets pas à la hauteur de ce que tu pouvais attendre avec la France. Il n’y a plus Xavi, Inesta, Pujol et Casillas. C’est une inconnue l’Espagne, elle est imprévisible, même si lors de ses derniers matches il y a eu des choses incroyables. C’est tout un paradoxe ce match de vendredi…

Pensez-vous qu’après avoir éliminé les champions du monde, la Suisse peut réaliser un nouvel exploit?

Cela va être compliqué mais ce n’est pas impossible, non. Car lors de ses deux derniers affrontements avec l’Espagne, les deux équipes avaient été assez proches, avec une courte défaite à Madrid et un nul à Bâle. Maintenant, honnêtement, après ce qu’ont vécu les garçons face à la France il y a tout juste 48 heures, je me dis qu’il va être très difficile pour les Suisses de redescendre émotionnellement sur terre, avec le même niveau de concentration et la même intensité. Et là, si tu n’as pas la même attention, ton adversaire va te punir, car il y a une qualité incroyable en face.

Selon Pablo Iglesias, «avec Luis Enrique comme sélectionneur, les Espagnols ne font pas preuve d’arrogance.»

AFP

Si à 3 à 1, les Français ont fait preuve d’une certaine suffisance, avec notamment le geste de Pogba, on imagine que les Espagnols n’auront pas la même arrogance, n’est-ce pas?

Ah non, pas du tout, en effet. Et encore moins avec Luis Enrique comme sélectionneur. D’autant plus que cette équipe d’Espagne a vécu des moments extrêmement compliqués depuis le début de cet Euro. Il y a déjà eu beaucoup de critiques après la liste des 24 dévoilée par le sélectionneur où il n’y avait aucun joueur du Réal. Beaucoup de gens n’ont pas compris non plus pourquoi le coach n’a pas pris 26 joueurs avec lui, qu’il a laissé à la maison Jésus Navas et Sergio Ramos même s’il était blessé et qu’il a commencé avec le jeune Llorente comme latéral droit alors que c’est un milieu de terrain offensif à l’Atlético.

Plutôt surprenant ses choix, comment les expliquez-vous?

Parce que Luis Enrique c’est lui le leader, pas Sergio Ramos ou Jésus Navas. Ce n’était pas le cas de Del Bosque qui avait besoin d’être entouré par des meneurs comme Xavi, Ramos ou Pujol. Il a voulu une équipe à son image, ce qu’il avait été comme joueur. Il aime le beau jeu mais il est surtout exigeant; extrêmement avec lui-même comme il l’est avec sa sélection, ne serait-ce en termes de pression, de physique ou de débauche d’énergie. Alors oui, il a fait grincer des dents en Espagne en laissant de côté certains éléments mais il est en train de former un groupe qui est je pense en phase avec sa fédération. Il y a du talent, bien sûr, car en Espagne le bassin n’est pas le même que le nôtre, mais l’équipe de Suisse peut en profiter.

Pablo Iglesias: «Il y a un Pedri (ici avec Modric) qui a déjà joué en Ligue des champions avec Barcelone, qui peut sur un seul contrôle orienté de dribbler et de porter des accélérations dans une zone où la Suisse sera privée de Granit Xhaka et là il s’agira de trouver l’équilibre.»

AFP

Si en termes d’individualités et de talent, il y a des moments dans le match où l’Espagne sera difficile à négocier, mais la Suisse a plus d’expérience dans ce type de tournoi qui peut jouer en sa faveur. Car si on enlève Sergio Busquets et Jorge Alba, sur les 24, il y en a 17 qui disputent leur première grosse compétition. Alors bien sûr, il y a un Pedri par exemple, qui a déjà joué en Ligue des champions avec Barcelone, qui peut sur un seul contrôle orienté de dribbler et de porter des accélérations dans une zone où la Suisse sera privée de Granit Xhaka et là il s’agira de trouver l’équilibre. Sur le plan individuel, il y a une belle force offensive, une idée de jeu, mais défensivement on a vu contre la Suède, la Pologne et la Croatie qu’à chacune des intrusions de l’adversaire dans son propre camp, cela pouvait donner une action dangereuse.

‹‹Dès qu’ils perdent le ballon, les Espagnols deviennent des chiens enragés. Il suffit de voir Morata jouer. Ce que Luis Enrique lui demande est inhumain.››

Pablo Iglesias, binational

Les Suisses doivent donc en profiter…

Cette fébrilité défensive est toutefois masquée par cette volonté farouche absolue et totale de posséder le ballon et de contre-presser à sa perte, avec la volonté de ne laisser aucune miette à l’adversaire en termes de ballon. Dès qu’ils le perdent, les joueurs deviennent des chiens enragés. Il suffit de voir Morata jouer. Ce que Luis Enrique lui demande est inhumain. C’est tout juste s’il n’est pas à la réception de ses centres! Mais cette grosse débauche d’énergie a des conséquences avec un manque de garantie défensive qui l’empêche de préserver un résultat. C’est là que je vois bien la Suisse avec Seferovic et Embolo certaines choses réalisables. Tout dépend de la fraîcheur des acteurs, de voir comment les organismes auront récupéré et l’ascenseur émotionnel est géré. Car je le répète, après être monté si haut ces derniers jours, il va être difficile pour les Suisses de se remettre dedans. Et c’est un peu ce qui m’inquiète. Car même si elle a éliminé le vice-champion du monde croate, l’Espagne n’était pas dans le même état.

‹‹Après être monté si haut ces derniers jours, il va être difficile pour les Suisses de se remettre dedans. Et c’est un peu ce qui m’inquiète.››

Pablo Iglesias, binational.

Et vous, Pablo, l’Espagnol d’origine, comment allez-vous le vivre ce match. De quel côté va pencher votre cœur?

Ce n’est pas facile! Disons que cœur va être le grand vainqueur de la soirée, quoi qu’il arrive. Moi tant qu’il y a un bon match. Maintenant il est vrai que pour avoir eu une bonne partie du contingent de cette équipe de Suisse entre les mains quand ils étaient en moins 18, moins de 19 ou moins de 20, il y a quelque chose d’affectif avec eux. On se connaît mieux avec une grosse partie des garçons de l’équipe nationale que les joueurs de l’équipe espagnole. On a quelques arguments offensifs qui peuvent nous permettre de réaliser un coup de génie à la Gelson, Alors oui, j’espère que la Suisse continue sur cette année incroyable et qu’on profite de ce qu’on est en train de vivre car ce n’est pas quelque chose qu’on risque de refaire dans l’immédiat et le futur. Après avoir brisé le plafond de verre contre les champions du monde, les Helvètes n’ont plus de complexe. La seule chose qui nous reste de gratuit, c’est le rêve.

Oui rêvons. Vivement ce soir.

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