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Explosion à Beyrouth – Des hauts responsables dans le viseur de l’enquête libanaise

Publié2 juillet 2021, 15:31

Le juge en charge de l’enquête sur l’explosion du 4 août 2020, au port de Beyrouth, qui avait fait plus de 200 morts, interrogera notamment le Premier ministre démissionnaire.

Le 4 août 2020, après l’explosion au port de Beyrouth.

AFP

Le juge d’instruction au Liban en charge de l’enquête sur l’explosion meurtrière au port de Beyrouth a annoncé vendredi son intention d’interroger le Premier ministre démissionnaire, tout en préparant le terrain en vue des inculpations de quatre anciens ministres et de responsables sécuritaires. Le juge Tarek Bitar avait été chargé en février de l’enquête sur le drame du 4 août, après la récusation de son prédécesseur Fadi Sawan, qui avait inculpé le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab et trois anciens ministres, provoquant une levée de boucliers au sein de la classe politique.

Hassan Diab a été «convoqué pour un interrogatoire», a indiqué Tarek Bitar sans rendre publique la date. Il s’exprimait devant un nombre restreint de journalistes, dont un correspondant de l’AFP. L’agence nationale d’information ANI indique que Hassan Diab sera entendu «en tant qu’inculpé dans l’affaire». Tarek Bitar a assuré avoir adressé une requête au Parlement pour demander la levée de l’immunité parlementaire de trois députés qui ont occupé des postes de ministres: Ali Hassan Khalil (Finances), Ghazi Zaayter (Travaux publics et Transports) et Nouhad al-Machnouk (Intérieur). Un quatrième ex-ministre est également dans le viseur de la justice: Youssef Fenianos (Travaux publics et Transports).

Potentielle volonté d’homicide

Cette requête intervient «en vue de les inculper et d’intenter des poursuites pour potentielle volonté d’homicide» mais aussi pour «négligence et manquements», a expliqué le juge d’instruction, les responsables «n’ayant pas pris les mesures nécessaires pour éviter au pays le danger de l’explosion».

La gigantesque déflagration avait fait plus de 200 morts et 6500 blessés, dévastant la moitié de la capitale. Elle avait été déclenchée par un incendie dans un entrepôt abritant des tonnes de nitrate d’ammonium «sans mesure de précaution» de l’aveu même des autorités, dont la responsabilité est pointée du doigt. Tarek Bitar a également demandé au Syndicat des avocats l’autorisation de poursuivre Ali Hassan Khalil et Ghazi Zaayter, en raison de leur statut professionnel. Une requête similaire a été adressée au syndicat de Tripoli pour Youssef Fenianos.

«Ingérences politiques»

L’ancien juge d’instruction Fadi Sawan avait inculpé le 10 décembre Hassan Diab et ces trois anciens ministres. Il avait été récusé après une demande présentée par Ali Hassan Khalil et Ghazi Zaayter, qui estimaient que les procédures violaient la Constitution et des dispositions sur leur immunité.

L’enquête libanaise a pour objectif affiché de déterminer les causes de l’explosion, mais aussi de comprendre pourquoi la cargaison de nitrate d’ammonium a été déchargée au port de Beyrouth pour y être abandonnée plusieurs années. Alors que le pays commémorera dans un mois le premier anniversaire de la tragédie, l’enquête n’a toujours pas rendu ses conclusions publiques. Mi-juin, une cinquantaine d’ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch, ont réclamé une enquête de l’ONU, justifiant leur requête en citant «des ingérences politiques flagrantes, l’immunité des hauts responsables politiques, le manque de respect des normes d’un procès équitable et des violations de la procédure régulière».

Vendredi, Tarek Bitar a également inculpé des hauts gradés, notamment le général Jean Kahwaji, ancien chef de l’armée. Il a aussi indiqué avoir contacté le ministre de l’Intérieur pour une inculpation à venir du puissant directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim. Au moins 25 personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête, dont des hauts responsables du port. Plusieurs ont déjà bénéficié d’une remise en liberté et Tarek Bitar a accepté vendredi la libération d’un responsable sécuritaire et d’une ingénieure franco-libanaise.

(AFP)

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