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quand la soirée vire au cauchemar, ils racontent

TÉMOIGNAGES – Huit lecteurs nous ont livré les meilleures anecdotes de leur pire Nouvel An. Parce que le vôtre ne sera peut-être pas si mal, finalement…

Oui c’est vrai, la Saint-Sylvestre 2021 n’est pas particulièrement festive. Pas de feux d’artifice, ni de rassemblements, il faut manger assis : à peu de chose près, on recommanderait presque de trinquer couché. Mais souvenez-vous : les passages à la nouvelle année sont loin d’être toujours des réussites assurées, tant la déveine semble faire partie intégrante de cette fête qu’on préférerait parfois manquer. Nous avons demandé à huit personnes de nous partager leurs pires souvenirs. Disputes, chutes et mauvais plans… Autant de raisons, peut-être, de ne pas fêter le Nouvel An.

L’invité surprise

«On oublie ce que c’est, avoir 16 ans et être sans projet pour le jour de l’an. Paniqués à l’idée de finir avec nos parents, mes amis et moi finissons, cette année-là, par accepter l’unique proposition que nous avions : celle d’un garçon de la classe un peu étrange, que nous prenions pour un mythomane qui se rêvait gangster. Le 31, la soirée a lieu dans un petit studio HLM, dans un quartier plutôt difficile. Le propriétaire semble tendu : visiblement, il ne connaît pas la moitié des invités et l’appartement est bondé. Vers 22h, les lieux sont invisibles, emplis de fumée de cannabis. Je me demande ce que je fais là : innocemment, j’avais mis une chemise – et je suis bien le seul. Une bagarre éclate au sujet de la musique, des coups se perdent, il y a un peu de sang sur le sol.

À 23h30, quelqu’un frappe très fort à la porte. Je pense qu’il s’agit de la police et, comme je suis sobre, j’ouvre. Tout va alors très vite : je me retrouve en un instant braqué contre le mur d’entrée par le revolver d’un homme cagoulé et massif. La musique s’arrête, il n’y a plus un bruit. À peine quelques sanglots étouffés. L’homme finit par me lâcher et se précipite dans la salle et s’adresse au propriétaire : «Et alors, on ne m’invite pas ?»

L’homme à la cagoule s’est installé sur une chaise et est resté ainsi, revolver à la main, à fumer et insulter l’assemblée. Et moi, j’ai appelé mes parents pour qu’ils viennent me chercher. Une bonne leçon de morale à la clef.»

Histoire à chute

«Salle des fêtes avec mezzanine. Nous avions organisé un grand dîner plutôt chic, le genre de soirée qui ne dégénère pas. Quelques secondes avant minuit, nous nous réunissons sur la piste de danse pour le décompte. Un des invités est monté à l’étage chercher des cotillons. Il réapparaît avec un large sourire, brandissant une bouteille de champagne… Et dérape dans les escaliers, manque de se rattraper, comme dans un gag de dessin animé, mais non, il s’agite, et tombe dans un effrayant vol plané. Une côte et quelques dents cassées, nous avons passé la nouvelle année à attendre les pompiers.»

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Chocolaté

«Les parents séparés le savent bien : se partager Noël et le jour de l’an est toujours un arrache cœur. Cette année-là, j’ai les enfants pour le 31. L’occasion donc de mettre les bouchées doubles. Je mise sur un repas «tout chocolat amande» : verrines à la crème de cacao, chapon à la sauce cacao piment d’Espelette, bûche à la crème d’amandes… Du sucré-salé de l’entrée jusqu’au dessert. Des heures et des heures de recherche et autant en cuisine. Le jour J, tout est prêt. Les deux enfants arrivent. «On a un problème», me lâche leur père au moment de partir. L’aîné a fait une orgie de chocolat pendant Noël. Au point de douter : et s’il était diabétique ? Le médecin a été clair : «Régime sans sucre pendant 15 jours avant la prise de sang.» Et tant pis pour la volaille au chocolat.»

La première épidémie

«Rétrospectivement, ce Nouvel An 2020 a sonné comme une prophétie, préfigurateur de toutes les catastrophes qui allaient arriver par la suite. Contexte : dans le monde d’avant, la tension vient des grèves des transports qui durent depuis un mois. Tout le monde est épuisé et stressé. Un couple d’amis se dévoue pour prêter son appartement dans le 17e arrondissement parisien. Très vite, l’alcool et les maladies hivernales forment un cocktail détonnant : tous les invités tombent comme des mouches. La chambre se transforme en hôpital de campagne, avec ses malades, ses bassines et ses infirmiers improvisés. Il y a du vomi dans l’ascenseur, et les gens fondent en larmes sans que l’on sache pourquoi. Nous nous préparons à partir quand une voix d’outre-tombe nous retient : «Vous partez déjà ?» La fête n’est pas terminée, mais l’année d’épidémie, elle, ne fait que commencer.»

Complet

«Bruges est une ville romantique. Elle l’est moins, un 31 au soir, de nuit, dans le froid, lorsque tous les hôtels et restaurants possibles affichent complet. Bien évidemment, nous n’avions rien réservé. Trois heures à regarder nos chaussures, dans le noir et glacés, avant de trouver un hôtel glauque et mal chauffé. Nous nous sommes couchés avant minuit, dans des draps sales, avant une méchante dispute qui porte sur mes talents d’organisateur. Je ne me souviens pas avoir dîné.»

Décompte et règlements de compte

«Mon meilleur ami de Strasbourg n’a pas de réveillon. Je parviens, après maintes négociations, à le faire inviter dans ma propre soirée parisienne avec de bons collègues, de très bons collègues, même, mais des collègues quand même. Trois minutes après son arrivée, il brise un vase en porcelaine chinoise. La maladresse aurait pu être attendrissante, s’il n’avait pas imputé la casse à «cet appartement de bourgeois». Puis il boit, trop, beaucoup trop. Il se moque de la tenue d’un des invités, avant de s’en prendre aux opinions politiques d’un autre. Nous manquons de nous battre. Je le somme de partir. «Impossible», objecte-t-il. Nous sommes le 31 décembre 2020, en plein couvre-feu.»

Chambre à part

«Tout partait bien : une chambre d’hôtel réservée dans un bel hôtel parisien, une bouteille de champagne pour le décompte et une jolie soirée en amoureux en perspective. Nous nous préparons quand le téléphone sonne : un de ses amis se plaint, son réveillon est franchement moyen. J’entends, médusée, mon ex-mari lui proposer de nous rejoindre dans la chambre d’hôtel ! Après une soirée plutôt embarrassante, l’ami finit par partir. J’explose. N’a-t-il pas songé à me demander mon avis ? La conversation s’embrase. Je finis la soirée sur la moquette à essayer de dormir par terre. Allongée sur le sol, j’ai entendu de loin le décompte du jour de l’an et les gens faire la fête. Le lendemain, il m’a ramené chez moi sans dire un mot. Nous nous sommes séparés en partie à la suite de cette soirée.»

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Venez comme vous êtes

«J’avais un dossier pour une grande école à envoyer avant le 31 décembre, minuit. Procrastination oblige, j’ai dû me résoudre à passer le réveillon dans ma chambre à finaliser mon travail, pendant que mes colocataires organisaient un dîner dans la salle à manger. L’alarme incendie se déclenche. Que je ne m’inquiète pas, assure un invité, c’est simplement l’enceinte acoustique qui s’est mise à rejeter de la fumée. Visiblement, ils n’ont pas jugé bon de la débrancher puisque nous nous retrouvons vite dans le noir : ladite enceinte a fait sauter l’électricité de tout l’appartement. Impossible de le rallumer : j’ai envoyé mon dossier à 23h58 depuis un McDonald’s de la banlieue parisienne, seule dans un restaurant désert.»

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