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Arménie – Guerre des mots au dernier jour de la campagne électorale

Publié18 juin 2021, 16:43

L’Arménie se rend aux urnes dimanche. Un scrutin vital pour le premier ministre. Son rival utilise l’argument de la défaite face à l’Azerbaïdjan dans le conflit au Haut-Karabakh.

Face au risque d’une défaite électorale ou d’un score en demi-teinte, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a exhorté ses compatriotes à se rendre aux urnes pour y réaliser «une révolution d’acier» lors d’un grand rassemblement, jeudi soir, à Erevan.

AFP

L’Arménie était engagée, vendredi, dans une dernière journée d’une campagne électorale venimeuse, avant des législatives périlleuses pour le premier ministre, Nikol Pachinian, qui a brandi le risque d’émeutes en cas de victoire de ses opposants.

Réformateur et héros populaire de 46 ans, l’ancien journaliste a été porté à la tête du gouvernement par une révolution pacifique en 2018, grâce à sa promesse de chasser les élites corrompues du pouvoir dans cette petite ex-République soviétique du Caucase. Mais sa popularité a été mise à mal par la défaite arménienne dans le conflit armé contre l’Azerbaïdjan, ennemi héréditaire, à l’automne 2020.

Humiliation nationale

Après six semaines de combats qui ont fait près de 6000 morts, Erevan a dû céder d’importants territoires qu’elle contrôlait depuis une première guerre, dans les années 1990, autour du Haut-Karabakh, région sécessionniste azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d’Arméniens.

Perçue comme une humiliation nationale en Arménie, cette défaite a déclenché une crise politique, forçant le premier ministre à convoquer des législatives anticipées dans l’espoir de faire baisser la tension et de renouveler son mandat. Mais sa victoire est loin d’être acquise, alors que nombre de ses anciens partisans, suite au conflit, se sont tournés vers ses rivaux, bien que ceux-ci soient souvent issus des élites chassées du pouvoir en 2018.

«Guérissons nos plaies!»

Face au risque d’une défaite électorale ou d’un score en demi-teinte, Nikol Pachinian a exhorté ses compatriotes à se rendre aux urnes pour y réaliser «une révolution d’acier» lors d’un grand rassemblement, jeudi soir, à Erevan. «Les Arméniens voient qu’il y a des forces qui provoquent des affrontements politiques, une guerre civile», a-t-il renchéri à la télévision, plus tard dans la soirée.

Son principal rival, Robert Kotcharian, qui a dirigé le pays de 1998 à 2008 et a maintes fois accusé les autorités d’incompétence, a appelé ses compatriotes à «ne pas se laisser tromper une nouvelle fois» dans une vidéo, vendredi. «On choisit entre une paix digne et une honte humiliante. Guérissons nos plaies!» Son dernier rassemblement est prévu vendredi soir, sur la place Centrale d’Erevan.

Risque d’abstention

Après avoir obtenu plus de 70% de suffrages aux législatives d’il y a trois ans, Nikol Pachinian vise un score de 60% dimanche, mais le seul sondage disponible ne crédite son parti, Contrat civil, que de 25%, derrière la formation de Robert Kotcharian (presque 29%).

Plusieurs autres partis ont des chances d’entrer au Parlement, sur un total de 25 blocs et partis en lice, selon ce sondage, publié vendredi par l’institut MPG, affilié à l’Américain Gallup. Mais, signe d’un ras-le-bol accroissant l’incertitude, 37% des personnes interrogées se disaient enclines à s’abstenir.

Une manif après le scrutin?

Les habitants d’Erevan témoignent de ces divisions. «J’irai voter pour Pachinian», a déclaré Ani Sarkissian, 29 ans. «Il mérite une seconde chance.» Car il conserve une popularité certaine pour avoir réformé le pays et s’en être pris aux richissimes oligarques, même si son aura a été mise à mal par la guerre et la crise concomitante déclenchée par la pandémie.

Vrej Aroutiounian, un chômeur de 68 ans, préfère l’opposant Kotcharian. «Pendant sa gouvernance, ma famille et moi, on vivait bien», explique cet homme qui rêve du retour de ses enfants, partis travailler en Russie en raison des difficultés économiques en Arménie.

Face à cette polarisation, beaucoup s’attendent à des manifestations après le vote, d’autant que cette ex-République soviétique est habituée aux soulèvements post-électoraux.

(AFP)

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