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Coronavirus – Même chez ceux atteints d’un cancer, le vaccin fonctionne

Publié24 juin 2021, 16:24

Selon une étude américano-genevoise, ces personnes développent aussi des anticorps, mais plus lentement. Reste un risque avec celles traitées contre les leucémies ou des lymphomes.

Les réponses immunitaires après la première dose sont bien plus faibles que la normale, mais très satisfaisantes après la deuxième.

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Certains cancers abaissent l’immunité des patients et certains traitements, comme les chimiothérapies, ou certains anticorps peuvent également affaiblir le système immunitaire. Les personnes atteintes d’un cancer et en traitement représentent donc un groupe à risque de développer la maladie Covid-19 avec une gravité, des complications et une mortalité plus élevées que la population générale.

Mais il existait également un risque qu’ils ne développent pas de réponse immunitaire suite à une vaccination, donc qu’ils ne soient pas protégés. Pour le savoir, une étude clinique a été menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l’Université de Genève (UNIGE) et le Mays Cancer Center de San Antonio. ,

94% des patients ont eu des anticorps

Avec 131 patients atteints de cancer et basés entre les États-Unis et Genève, l’équipe helvético-américaine a évalué la réponse immunitaire sous forme d’anticorps contre la protéine Spike du SARS-CoV-2, cible des vaccins, après la première puis la deuxième dose de vaccins à ARNm des sociétés Pfizer et Moderna. Les données, récoltées entre janvier et avril 2021, indiquent que la grande majorité – soit 94% des patients – développe des anticorps 50 jours après la deuxième dose de vaccin. «Des résultats à peine inférieurs à ceux de la population générale qui sont très rassurants», complète le Pr Nicolas Mach, oncologue au service d’oncologie des HUG, professeur à la Faculté de médecine de l’UNIGE et coauteur de l’étude.

Réponse bien plus faible chez certains

Il précise toutefois que «les réponses immunitaires mesurées après la première dose sont néanmoins particulièrement faibles, laissant penser que nos patients mettent plus de temps pour activer leur système immunitaire». Chez les patients atteints de cancers du sang, des ganglions et de la moelle osseuse, cette réponse est en revanche significativement plus faible que chez les personnes atteintes d’autres cancers. De plus, les patients sous un certain type de traitement immunosuppresseur dans les six mois avant la vaccination n’ont pas développé d’anticorps. «On parle ici du Rituximab, un médicament utilisé principalement pour traiter les lymphomes et qui entraîne la destruction des lymphocytes B malades, mais également les lymphocytes B sains. Or ces cellules sont essentielles à la production d’anticorps, expliquant pourquoi ces patients n’en génèrent pas», précise Nicolas Mach.

Défense même sans anticorps

Néanmoins, autre élément rassurant, parmi les patients genevois n’ayant pas développé d’anticorps, un seul a présenté une infection à SARS-COV-2 symptomatique à ce jour. «La protection contre l’infection, malgré l’absence d’anticorps, reflète très probablement la capacité des vaccins à ARNm à stimuler également d’autres mécanismes de défenses immunitaires, en particulier les lymphocytes T. L’analyse des lymphocytes T de nos patients est en cours et nous attendons les résultats avec impatience». Ils feront l’objet d’une future publication.

Des vaccins bien tolérés

La tolérance aux vaccins à ARNm équivaut à celle de la population générale. Un programme de suivi, basé sur une application web, permet de relever les effets secondaires et la qualité de vie des patients. Mise en place et développée par le premier auteur de l’étude, le Dr Alfredo Addeo, oncologue aux HUG, une interface permet de mesurer l’état réel de la personne, «sans l’influence d’un professionnel de santé.»

Globalement, les patients touchés par le cancer tolèrent convenablement les vaccins et y répondent bien, hormis une sous-population atteinte de malignité hématologique à haut risque de résistance à la vaccination. «Identifier les sous-populations à risque est primordial pour imaginer une stratégie de protection alternative pour ces personnes. Cette étude y contribue grandement», conclut Alfredo Addeo.

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