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FOOTBALL – Pour Jean-Michel Larqué, «la Suisse est une équipe moyenne»

Publié28 juin 2021, 10:09

Les médias de l’Hexagone se concentrent davantage sur le jeu et les qualités des Bleus que sur le danger que pourrait représenter la «Nati». À l’image du consultant de RMC Sport, qui «taille» Seferovic & Cie avant le coup d’envoi

Jean-Michel Larqué n’est pas tendre envers l’équipe de Suisse. Le rendez-vous de Bucarest lui donnera-t-il raison ou les joueurs de Petkovic sauront-ils se sublimer?

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Après avoir perdu avec l’élimination du Portugal le champion d’Europe en titre dimanche soir, l’Euro va-t-il voir les champions du monde partir prématurément en vacances? Face aux Bleus, ce sera là l’ambition déraisonnable de la Suisse, qui rêve de vivre son grand soir à Bucarest.

La France, c’est d’abord son impressionnante armada offensive au sein de laquelle Kylian Mbappé est pourtant demeuré muet jusque-là. Pour mieux frapper contre la Suisse? C’est le sentiment de l’Agence France Presse: «Zéro but en trois matches et 270 minutes de jeu, c’est le genre de statistique frustrante pour un buteur de sa trempe, qui chasse les titres, les records et veut marquer l’histoire. Alors même s’il ne le montre pas trop, l’attaquant parisien a très faim. Il a besoin de sa ration de buts au bout d’une saison où il en a inscrit 46 en 60 matches toutes compétitions confondues avec le PSG et les Bleus.»

Le Parisien écrit pour sa part que Kylian Mbappé «traverse la compétition avec enthousiasme», qu’il «espère se rapprocher du but, à tous les sens du terme», qu’il a «pu à nouveau croiser» l’une de ses idoles, Cristiano Ronaldo, avec qui il a pu converser, notamment après le match, «le regard plein d’admiration.» Kylian Mbappé n’ignore sans doute pas que Jorge Mendes, l’agent de CR7 «s’active en coulisses» pour le caser au PSG la saison prochaine. La Juventus, c’est comme ça, n’en veut plus. «Mais pas sûr que les deux stars aient parlé tour Eiffel et Camp des Loges», peut-on découvrir dans les colonnes du quotidien.

«À l’époque, la Suisse avait d’autres qualités, sans doute d’autres atouts. C’est un peu vieillissant à l’image de Shaqiri (29 ans), de Seferovic (29 ans)»

Jean-Michel Larqué, consultant de RMC Sport

Pour les habituels experts tricolores, la Suisse n’a rien d’une montagne infranchissable. Jean-Michel Larqué la juge même largement à la portée des champions du monde.

À quelques heures du coup d’envoi, l’avis de Capitaine Larqué sur notre équipe nationale est même sans équivoque. «C’est une équipe moyenne, tranche le membre de la Dream Team de RMC Sport. On les a souvent rencontrés lors des dernières compétitions. Elle avait d’autres qualités, sans doute d’autres atouts. C’est un peu vieillissant à l’image de Shaqiri (29 ans), de Seferovic (29 ans).»

Aux yeux de L’Équipe, la Suisse est même le meilleur adversaire possible pour les Bleus pour ce qui est de l’approche tactique.

«La Suisse aime avoir la possession et maîtrise plusieurs mécanismes pour manœuvrer l’adversaire, mais elle demeure très exposée sur la plupart des phases sans ballon. Une configuration de match qui ne devrait pas déplaire aux Bleus», peut-on notamment lire. En Une de son édition du jour, le quotidien sportif évoque une «étape alpestre», en référence au Tour de France dont les premiers coups de pédales ont été donnés ce week-end.

«On s’attend à prendre une fessée et on se dit que, dans le meilleur des mondes, on vivra une soirée magique»

David Lemos, journaliste RTS

Comme on peut s’en douter, la Suisse ne fait malgré tout pas les gros titres de la presse de l’Hexagone. La chaîne Eurosport en a profité pour tendre son micro en direction de David Lemos, le journaliste de la RTS attaché à commenter les matches de l’équipe nationale. Un David Lemos qui n’est pas mécontent de ces retrouvailles imposées. «On est assez content de jouer la France, assure-t-il. On s’attend à prendre une fessée et on se dit que, dans le meilleur des mondes, on vivra une soirée magique»

Notre confrère évoque notamment ses derniers rendez-vous manqués au stade des huitièmes de finale (contre la Pologne en 2016 et la Suède deux ans plus tard). «Ces défaites ont été assez mal vécues, reprend-il. C’était même de grosses gueules de bois. On n’arrive pas à se sublimer le jour J. Si on était tombé contre le Danemark, on aurait possiblement retrouvé le même type de scénario avec une équipe battable sur le papier. Là, une victoire face à la France, ce serait dans le top 3 des exploits du football suisse!»

«On a toujours tendance à penser que lorsque l’on rencontre des adversaires, ils ne ressemblent à rien»

Didier Deschamps, sélectionneur français

Si les observateurs français font globalement peu de cas des forces helvétiques, Didier Deschamps sait cependant ce qu’il pourrait advenir en cas d’excès de confiance.

«On a toujours tendance à penser que lorsque l’on rencontre des adversaires, ils ne ressemblent à rien. Sur le papier, c’est une chose. Il faudra être au maximum pour continuer notre route.» Le futur sélectionneur était sur la pelouse de la Pontaise lorsque la France, au printemps 1992, avait connu son dernier revers contre les Helvètes (2-1, grâce à un doublé de Christophe Bonvin). «La Suisse est une équipe bien structurée, avec un potentiel offensif intéressant et une animation bien particulière. Il ne faut pas la sous-estimer.»

Pour les deux équipes, le changement de formule pourrait aussi modifier l’approche du rendez-vous de Bucarest. «On bascule maintenant sur une nouvelle compétition. Dans l’approche, c’est complètement différent», a ainsi relevé Hugo Lloris, le capitaine des Bleus.

Sept ans après le naufrage helvétique au Mondial brésilien (défaite 5-2), la Suisse a disposé de huit jours de repos pour préparer ce nouveau sommet. C’est trois jours de plus que des Français qui, exténués par deux rencontres disputées dans la canicule de Budapest, ont surtout tenté de «limiter la fatigue et optimiser la récupération», dixit leur sélectionneur.

Vu de France, la Suisse semble encore très loin… Et sur le coup de 23 h?

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