lundi, septembre 26, 2022
AccueilÀ la uneIsère - Deux frères écopent de 15 ans de prison pour avoir tué...

Isère – Deux frères écopent de 15 ans de prison pour avoir tué un jeune dans une rixe

Publié2 juillet 2021, 21:46

Yanis et Younès El Habib ont été condamnés vendredi à Grenoble à 15 ans de réclusion pour la mort d’un jeune homme en 2018.

La Cour d’assises de l’Isère, à Grenoble, a condamné vendredi à 15 ans de réclusion deux frères coupables d’avoir tué d’un coup de couteau un jeune homme en 2018.

AFP

Yanis et Younès El Habib ont été condamnés vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de l’Isère pour avoir involontairement tué Adrien Perez à la sortie d’une boîte de nuit en 2018 près de Grenoble.

À l’issue de près de dix heures de délibéré, la cour et le jury n’ont pas jugé les deux frères de 22 et 23 ans coupables d’homicide volontaire, mais de coups mortels aggravés. Ce verdict a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.

L’avocat général Jacques Dallest, qui avait demandé 20 ans de réclusion pour «ce meurtre sauvage, gratuit, stupide», n’a donc été que partiellement suivi dans ses réquisitions.

La mort d’Adrien Perez, tué par un coup de couteau au thorax lors de cette rixe, avait provoqué à l’été 2018 une vive émotion en Isère et au-delà. Ses parents, partie civile au procès, avaient écrit au président Emmanuel Macron pour dire leur «révolte» contre la «violence aveugle et endémique» qui rongeait, d’après eux, la jeunesse en France.

Un «moment de sauvagerie pure» pour l’avocat général

L’audience, commencée le 21 juin, a mis en évidence ce que l’accusation a décrit comme une «scène de guerre», captée par une caméra et projetée des dizaines de fois dans la salle des assises.

Cette rixe avait suivi une «altercation stupide» – dixit l’avocat général – entre un ami d’Adrien Perez et Yanis El Habib à propos d’une fille, qui avait laissé ce dernier «humilié». Yanis, le cadet, avait alors poursuivi un groupe devant la discothèque avant de déclencher la rixe qui dure 40 secondes.

Dans ce «moment de sauvagerie pure», Jacques Dallest est convaincu d’une chose: «Younes et Yanis portaient tous les deux un objet tranchant dont ils se sont servis pendant la bagarre», touchant mortellement Adrien Perez et blessant grièvement l’un de ses amis.

Une lecture rejetée par la défense de Yanis: «Le coup mortel n’était pas le sien» car il n’avait pas de lame, a plaidé jeudi Me Julien Charle, s’employant, aux côtés de sa consœur Léa Forest, à démonter point par point les charges portées par l’accusation.

Pas d’intention de tuer

Pour eux, l’intention de tuer n’était pas présente, et la Cour d’assises les a suivis.

Comme Guillaume Fort, avocat de Younes, Me Charle avait rappelé jeudi le bon comportement de son client en prison et l’absence de craintes des experts face au risque de récidive pour demander une peine de prison amoindrie.

Un ami des frères intervenu brièvement dans la bagarre a également été condamné à deux ans de prison avec sursis pour violences volontaires aggravées.

L’annonce du verdict a suscité de violentes réactions sur Twitter, les internautes dénonçant une justice trop clémente et ne cachant pas leur dégoût.

(AFP)

Dernières critiques