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ManoMano entre dans le cercle des licornes françaises

Philippe de Chanville et Christian Raisson, cofondateurs de ManoMano, à Paris, en mars 2018. ERIC PIERMONT / AFP

Quand il s’est agi de construire un champion européen, Philippe de Chanville et Christian Raisson n’ont pas fait pas dans le bricolage. C’est pourtant dans ce secteur d’activité que les deux cofondateurs de ManoMano ont réussi à construire la dernière licorne française en date – ces start-up valorisées à plus de 1 milliard de dollars (840 millions d’euros). En levant 355 millions de dollars dans un tour de table mené par l’américain Dragoneer, la plate-forme du bricolage est désormais valorisée 2,6 milliards de dollars. Elle annonce vouloir recruter un millier de salariés.

Face à des acteurs traditionnels tels que Point.P, Leroy-Merlin ou Bricorama, ManoMano a fait le pari de la vente en ligne dans un secteur qui s’est encore très peu converti au numérique. En France, ce sont à peine 10 % des ventes de perceuses ou de pots de peinture qui se font sur Internet, quand le niveau de numérisation des commerces de biens et équipements des ménages se situe plutôt en moyenne autour de 30 %.

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ManoMano fait partie de ces entreprises à qui le confinement, lié à la crise du Covid-19, a profité. Combien de particuliers ont utilisé cette parenthèse pour repeindre leur appartement ou effectuer des travaux restés trop longtemps en souffrance ? « On a connu un pic de demandes phénoménal, convient Philippe de Chanville, mais elle s’est maintenue, malgré la réouverture des magasins. »

Une croissance supérieure à 100 % en 2020

Les chiffres de 2020 témoignent de cette euphorie : sur l’année, ManoMano a connu une croissance supérieure à 100 %, pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. L’entreprise n’affiche pas moins de 50 millions de visiteurs uniques par mois sur son site et 7 millions de clients. En France, son activité est aujourd’hui bénéficiaire. « Nous l’avons aussi été au niveau européen pour la première fois », pour quelques mois, lors de la pandémie, souligne Philippe de Chanville.

Malgré un tour de table de plus en plus international (Temasek pour l’Asie, Dragoneer pour l’Amérique, Eurazeo pour l’Europe), l’entreprise continue à se concentrer sur le marché européen. Après la France, qui constitue encore 60 % de son chiffre d’affaires, l’Italie et l’Espagne, où elle s’est rapidement aventurée, elle vise désormais les marchés britannique et allemand, qui offrent des perspectives encore plus grandes que le terrain hexagonal.

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Pour séduire de plus en plus d’acheteurs, ManoMano a aussi misé sur le conseil pour accompagner ses clients à travers un service d’experts volontaires – qui ne sont pas salariés par la société. Elle cherche également à établir sa marque et compte, à travers sa levée de fonds, investir dans des campagnes dans les médias, particulièrement à l’étranger. En France, selon une étude de mai, menée par l’IFOP, deux consommateurs sur trois connaîtraient déjà la société. L’objectif, désormais, est de faire de ManoMano « une marque européenne », explique Philippe de Chanville.

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