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Cinéma/TV – «Black Widow» tisse une mini toile dans l’univers Marvel

Publié7 juillet 2021, 06:24

L’épisode accordé à Natasha Romanoff – Scarlett Johansson ne brille ni pas son scénario ni par ses scènes d’action.

1 / 5

La veuve noire (Scarlett Johansson) sur fond vert.

Marvel Studios 2020

Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) et Yelena Belova (Florence Pugh), comme des sœurs qu’elles ne sont pas.

Marvel Studios 2020

Alexei Shostakov, papa de substitution, incarné par David Harbour.

Marvel Studios 2020

Long métrage sorti avec retard (du fait de la pandémie et de la fermeture des salles), «Black Widow» déboule dans les cinémas romands le 7 juillet ainsi qu’en «Accès premium», le 9, sur Disney+. Autrement dit, il sera réclamé aux abonnés 29 francs supplémentaires pour le privilège de voir le film dans son canapé jusqu’au 6 octobre prochain, date à laquelle il rentrera dans le catalogue à gogo, sans surcoût.

Comme pour Iron Man, Thor ou Docteur Strange, Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), dite La veuve noire, se voit accorder une aventure solo dans l’univers cinématographique Marvel. Cette dernière se situe juste après «Captain America: Civil War», dans laquelle les Avengers sortent déchirés entre ceux qui acceptent une tutelle des Nations Unies et ceux qui la refusent. N’ayant pas clairement choisi son camp, on la retrouve provisoirement libérée de ses obligations et un tantinet dans la clandestinité, ce qui lui laisse le temps de gérer les heures noires de son passé et quelques autres menues contrariétés.

Réalisatrice australienne

Pour cet épisode qui laisse la part du lion aux personnages féminins, c’est une réalisatrice australienne, Cate Shortland, qui a été placée aux manettes. Le dernier long métrage à son crédit est «Berlin Syndrome», une romance totalement inconnue sur notre carnet de notes. La metteuse en scène s’appuie sur un scénario concocté par un certain Eric Pearson, déjà crédité pour «Thor: Ragnarok», ce qui n’est pas pour nous déplaire, mais aussi pour «Godzilla vs Kong», ce qui aurait tendance à nous inquiéter.

Sur cette base, mais sans a priori, nous avons visionné «Black Widow» en se demandant non pas quelle est sa place dans l’histoire du cinéma mais plus modestement comment classer le film dans la liste des productions Marvel d’ordinaire habilement gouvernées par le Grand Timonier Kevin Feige. Pas bien haut, dira-t-on.

Famille recomposée d’espions

Dès la première séquence, qui s’attache à la fuite rocambolesque d’une famille recomposée d’espions russes hors des États-Unis vers Cuba – et dans laquelle la petite Natasha joue le rôle de la sœur aînée –, quelque chose cloche. C’est trépidant, certes, mais confus et, déjà, la suspension consentie de l’incrédulité est mise à mal. On est pourtant devant un film avec de bons morceaux d’humains augmentés dedans, on est donc prêt à concéder beaucoup. Mais non, ça ne fonctionne pas: trop irréaliste pour un film d’espionnage, trop pépère pour un film de superhéros.

Une fois parvenus à Cuba, faux papa, fausse maman et faux enfants (mais encore relativement innocents) sont brutalement séparés et les deux sœurs recomposées sont envoyées dans un impitoyable pensionnat ou seules les plus fortes survivent. Cette partie, essentielle pour la suite, n’est pas montrée, sacrifiée dans une ellipse qui prive le film d’une présentation de son principal enjeu et le condamne définitivement. Avec ce trou mal comblé par quelques lignes paresseuses ensuite, il est alors impossible de faire monter la mayonnaise avec le dirigeant de la Chambre Rouge, du nom de Dreykov (Ray Winstone), qui arrive comme un cheveu dans la soupe dans le dernier acte du film.

Mystérieuse Chambre Rouge

Trop vite arrivé au présent du film, Natasha, retrouve sa sœurette (Florence Pugh) qui a survécu, a su se délivrer de ses chaînes et tente vainement (à l’impossible nulle n’est tenue) de rendre émouvants des dialogues tantôt insipides, tantôt surécrits. Dans cette seconde catégorie, on retient l’involontairement risible «Je pense que je finirai n’importe où, puisqu’on ne m’attend nulle part». Place ensuite à la quête de la mystérieuse Chambre Rouge avec faux papa (David Harbour, atrocement cabotin) et fausse maman (Rachel Weisz, pas loin mais tout de même un tantinet plus sobre) en mode famille dysfonctionnelle.

Réalisation impersonnelle, dialogues plats, montage et enchaînements confus et scènes d’action filmées à l’épaule, façon Jason Bourne du pauvre, «Black Widow» ne brille dans aucun département. Même le gag méta, où sœurette se moque de la pose m’as-tu vue de Scarlett chaque fois qu’elle achève une figure acrobatique, peine à soutirer un sourire complice.

Voilà pourquoi nous plaçons cette aventure, regardable avec beaucoup d’indulgence mais peu utile dans le grand tout, parmi les films les moins aboutis du Marvel’s Cinematic Universe (MCU). Pas loin de «Thor: Le monde des ténèbres» (2013) ou de «Captain Marvel» (2019). Mais, toujours en comparant ce qui est comparable, très supérieur à l’accident industriel que constitue «Justice League» (la version charcutée par la Warner Bros en 2017). Toujours ça de pris.

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