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l’allemand Gorillas rachète le français Frichti

Un coursier de la société de livraison Gorillas, à Berlin, le 8 juillet 2021. TOBIAS SCHWARZ / AFP

Gorillas veut engloutir les ventres de Paris. La start-up allemande, spécialiste du « quick commerce », la livraison ultra-rapide de produits de consommation courante, a annoncé, lundi 24 janvier, son intention de racheter son concurrent français Frichti. Les deux entreprises se trouvent « en phase exclusive » de discussions, précise un communiqué commun. Cette opération est un nouveau signe de la consolidation d’un marché où les acteurs, soutenus par des fonds de capital-risque, se livrent une bataille sans merci, au prix de pertes énormes.

Gorillas a fait de l’ultra-rapidité sa marque de fabrique : livrer en dix minutes, grandir à un rythme haletant. Fondée en mai 2020 par Kagan Sümer, un entrepreneur né en Turquie, l’entreprise berlinoise est la première start-up à avoir acquis en neuf mois le statut de « licorne » – nom donné à ces entreprises non cotées en Bourse qui atteignent une valorisation de 1 milliard de dollars (884 millions d’euros). Au point de stimuler une concurrence féroce sur ce secteur… et de susciter le mécontentement parmi les livreurs, qui ont lancé plusieurs mouvements de grève inédits pour protester contre leurs conditions de travail, ce qui avait écorné l’image de l’entreprise.

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La reprise de Frichti permet à Gorillas de se renforcer en France, l’un des neuf pays dans lesquels l’entreprise allemande est présente. Jusqu’ici, les deux groupes étaient en concurrence pour livrer repas et courses en temps record dans les rues des villes en région parisienne, à Lyon, à Lille et à Bordeaux. Selon une étude Nielsen, avec Frichti, Gorillas détiendra 17,1 % du marché des livraisons d’épicerie le jour même à Paris, devenant ainsi le deuxième acteur de ce secteur.

Doutes sur la rentabilité

Lundi, les fondateurs des deux groupes, Quentin Vacher et Julia Bijaoui côté Frichti, et Kagan Sümer côté Gorillas, ont diffusé une photo où ils posent ensemble sur des escaliers jaunes, entourés de sacs aux couleurs de leurs deux marques. Frichti, fondé en 2015 et à ce titre un des pionniers de la foodtech en France, assure avoir atteint la rentabilité. L’entreprise offre à Gorillas l’avantage de l’« expérience dans le développement de marque propre et de plats cuisinés », a souligné M. Sümer. « Avec Gorillas, nous avons trouvé le partenaire idéal pour franchir la prochaine étape de notre expansion mondiale », a déclaré, de son côté, Julia Bijaoui.

La priorité est évidemment d’atteindre une taille critique sur un marché âprement disputé. Si, sur la livraison de repas, le néerlandais Just Eat Takeaway a réussi à conserver sa position de leader en Allemagne, sur l’épicerie, Gorillas et Flink dominent. Du moins pour le moment, car le géant turc Getir, valorisé 7,5 milliards de dollars, vient d’arriver sur un secteur où les Flink, Cajoo, Wolt, Bam Courses, Picnic, Knuspr, Bringmeister ou Uber Eats rivalisent. La concurrence est telle que depuis quelques mois des doutes croissants émergent sur la capacité des entreprises à devenir rentables.

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