mardi, août 9, 2022
Marseille
ciel dégagé
22.9 ° C
23.1 °
21.8 °
76 %
1.1kmh
0 %
mar
29 °
mer
29 °
jeu
28 °
ven
28 °
sam
24 °
AccueilTechologieLa mode se pique de clonage virtuel

La mode se pique de clonage virtuel

Par Sophie Abriat

Publié aujourd’hui à 09h00

Réservé à nos abonnés

ReportageDe plus en plus de griffes font appel à des entreprises capables de numériser leurs collections en trois dimensions. Plus vrais que nature, ces escarpins ou sacs à main deviennent les stars de leurs sites Internet. A la pointe de cette technologie hyperréaliste, la start-up parisienne Barney accompagne les grandes maisons.

Des pièces en cours de modélisation, dans les locaux de la start-up Barney, à Paris, le 4 février 2022. JONATHAN LLENSE POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

C’est ici que tout a commencé : dans un petit local sans prétention niché au fond de la cour d’un immeuble du 17e arrondissement, à Paris. Un lieu à la décoration spartiate que l’équipe de Barney a surnommé « le Garage ». A l’entrée, un canapé vintage en cuir et une petite table basse sur laquelle sont posés la revue de mode Mastermind et un bouquet de mimosas encore enveloppé dans son papier. Il faut se glisser dans une arrière-salle pour découvrir l’attraction du lieu.

Tapie dans l’ombre, une imposante machine fait la fierté de la start-up : un robot qui avance doucement sur ses rails. La « bête », qui a nécessité deux années de recherche et de développement, permet de créer ce que l’on appelle des « jumeaux numériques » (digital twins ou device ­shadows, en anglais dans le texte). Autrement dit, des représentations virtuelles, en trois dimensions, de produits réels.

Photographiées plus de mille fois

Sur le socle, prête à être clonée, on aperçoit une sandale Nodaleto rouge. Secret industriel oblige, le robot aux technologies brevetées ne peut être ni pris en photo ni regardé de trop près. Peu d’entreprises dans le monde sont capables de reproduire numériquement des objets avec un tel niveau de précision. Les pièces sont photographiées plus de mille fois, sous toutes les coutures, puis grâce à un mélange d’intelligence artificielle et de modélisation photo­réaliste, elles s’inscrivent dans le monde virtuel. A l’écran, la sandale Nodaleto apparaît aussi rutilante que dans la vie réelle, toute en relief, sans que l’on ait besoin de porter un casque de réalité virtuelle. D’un clic, on peut la faire bouger dans tous les sens, zoomer à l’infini sans que l’image ne se brouille ni ne se pixélise. On a envie de tendre la main pour l’attraper.

Depuis sa création, en décembre 2019, le groupe Barney, qui a fait de la virtualisation des marques sa spécialité, se porte bien. Très bien même. Il compte 25 collaborateurs et finalise une seconde levée de fonds de 8 millions d’euros. En janvier, il a été sélectionné parmi 400 entreprises pour rejoindre l’accélérateur de LVMH, baptisé La Maison des startups, qui tisse des liens privilégiés entre ces nouveaux acteurs et quelques-unes des 75 maisons du groupe de luxe.

De gauche à droite et de haut en bas, toute l’équipe de la start-up, à Paris, le 4 février 2022 : Jérôme Vivier, Benjamin Chiche, Victor Mustin, Elise Horwitz et Rhita Cadi Soussi. JONATHAN LLENSE POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

Barney attire de nombreux clients : de grands noms de la mode se pressent déjà à sa porte, comme Lacoste, Jean Paul Gaultier, Nina Ricci ou le chausseur Louboutin. Beaucoup d’autres préfèrent rester discrets et taire le nom de ce studio qui accélère leur ascension vers le Web 3.0. Mais l’adresse est bien connue des coursiers parisiens qui viennent à tour de rôle déposer des pièces à numériser, parfois tout juste sorties des ateliers.

Il vous reste 75.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

ARTICLES LIÉS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus populaires