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Cyclisme – Tadej Pogacar, le maillot jaune qui sourit quand il souffre pour gagner

Publié14 juillet 2021, 21:09

À Saint-Lary-Soulan, le Slovène a à nouveau marqué les esprits en s’imposant au sommet après une longue bagarre avec Jonas Vingegaard et Richard Carapaz. Le corps à corps souhaité par le Danois a bien eu lieu.

parPatrick Oberli

(Saint-Lary-Soulan, col du Portet)

Au sommet du col du Portet (2215 mètres) Tadej Pogacar savoure une victoire d’étape qui restera dans les esprits.

AFP

Après le flirt du Mont-Ventoux, ils s’étaient, par petits mots glissés en interview, donnés rendez-vous dans les Pyrénées. Finalement, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ont choisi Saint-Lary-Soulan. Peut-être parce qu’un nom de lieu si doux ne pouvait que provoquer une étincelle, un arrêt sur image pour un «corps à corps», dixit Vingegaard, de folie. Et ce fut le cas. Mercredi, dès les premiers contreforts du col du Portet (2215 m), le plus dur du Tour avec ses 16 kilomètres affichant un pourcentage moyen de 8,3%, les deux jeunes leaders de cette Grande Boucle 2021 étaient prêts à s’affronter. Ils ont tout même attendu quelques minutes, le temps que l’équipe UAE Team Emirates n’expédie les intrus.

À huit kilomètres du sommet, lorsque son lieutenant Rafal Majka – qui a retrouvé comme par miracle ses capacités respiratoires après des jours de souffrance consécutifs à une chute – a coupé son effort, le maillot jaune est passé à l’offensive. Le Danois de Jumbo-Visma, ainsi que Richard Carapaz (Ineos Grenadiers) ont été les seuls à réussir à le suivre. Vingegaard et Pogacar avaient peut-être espéré un tête-à-tête. Mais durant près de 50 minutes, ils ont dû accepter que l’Équatorien ne tienne la chandelle en grimaçant.

«C’est un coureur de très grande classe qui pourra rapidement prétendre à gagner le Tour»

Tadej Pogacar à propos de Jonas Vingegaard, son dauphin

Pire, à quelques centaines de mètres de la ligne, les fringants leaders ont failli se retrouver «cocus», quand le mort-vivant Carapaz est sorti de sa boîte pour prendre quelques mètres d’avance. Si Pogacar ne s’en est pas laissé conter très longtemps, Vingegaard a failli s’effondrer, avant de revenir à 200 mètres de la ligne. Le sprint en altitude est revenu au maillot jaune, Vingegaard (+3’’) et Carapaz (+4’’) complétant le podium. Au général, c’est un copier-coller, la seule différence étant que Tadej Pogacar affiche largement plus de cinq minutes d’avance. Au passage, on peut signaler que le chrono a indiqué qu’il avait battu le record de la montée, détenu par Nairo Quintana en 2018, de plus de 30 secondes.

Mélange de fascination et de malaise

Tadej Pogacar avait tout organisé pour s’offrir ce moment privilégié et la gloire qui l’accompagne. Pas question de laisser une échappée prendre trop de champ. Il fallait qu’il puisse effacer l’écart avant l’effort final. L’homme le voulait pour lui, par ambition, et pour «l’histoire». Car vaincre au sommet avec le maillot jaune, en cyclisme, cela reste gravé dans les esprits. Au terme de l’étape, il se dira «fier d’avoir gagné au terme de l’ascension la plus difficile du Tour», mais sans s’épancher trop non plus. Pour donner le change, le Slovène a préféré développer la thèse qu’il l’a fait pour ses coéquipiers, «qui travaillent tellement dur depuis deux semaines» pour protéger sa place de leader.

Ce mercredi de fête nationale en France, le «phénomène» a donc à nouveau marqué les esprits, à la manière du défilé militaire sur les Champs-Elysées. Trop parfait pour être vrai? Certes, il a été accompagné jusqu’à la fin par Vingegaard et Carapaz – quelles performances également! Mais le Slovène a une fois encore nourri ce mélange de fascination et de malaise qu’il dégage depuis le départ de Brest. Il y a eu sa victoire dans le contre-la-montre, sa démonstration dans l’étape des Alpes menant au Grand-Bornand, et maintenant ce triomphe dans les Pyrénées.

Un détail qui ajoute au malaise? Le sourire qu’il a parfois affiché durant la montée du Col du Portet, «cette histoire sans fin,» comme il le décrit. Interrogé en conférence de presse, l’homme ne s’est pas laissé démonter, offrant une réponse d’abord désarçonnante, puis désarmante: «Parfois quand je suis en souffrance, mon visage exprime aussi un sourire.» Suivi de: «Peut-être que la caméra a montré le moment où je suis passé devant ma famille. C’était à environ 5 kilomètres de l’arrivée. Là, j’ai ressenti une joie pure. J’ai pris beaucoup de plaisir aujourd’hui.» Si Tadej, le dit, alors ce doit être vrai. Et il serait malvenu d’imaginer qu’il savait pertinemment qu’il allait dévorer ses adversaires et qu’il se réjouissait par avance du festin.

Le début d’une longue rivalité?

À quatre jours de l’arrivée à Paris, plus rien, sauf la malchance, ne peut empêcher Tadej Pogacar de remporter un deuxième Tour de France consécutif. Au contraire, comme il se réjouit de l’étape de jeudi, entre Pau et Luz Ardiden (129,7 km), avec le col du Tourmalet (HC) en entrée de la montée finale (HC), la logique voudrait qu’il y cimente encore plus sa position.

En attendant, le Slovène a semblé ravi du rencard de mercredi, ce qu’il a confirmé en lançant quelques fleurs à Jonas Vingegaard: «J’aime courir contre lui. C’est un super bon mec.» Puis comme s’il comptait bien fixer de nouveaux rencards à l’avenir: «Il fait une course fantastique. C’est un coureur de très grande classe qui pourra rapidement prétendre à gagner le Tour.» Quoi que devienne cette rivalité, Saint-Lary-Soulan restera à jamais le premier.

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