mercredi, juin 29, 2022
Marseille
ciel dégagé
24.7 ° C
25.3 °
22.6 °
42 %
3.1kmh
0 %
mar
25 °
mer
27 °
jeu
24 °
ven
27 °
sam
28 °
AccueilÀ la uneÉtats-Unis - La Fed est convaincue que l’inflation ne sera que temporaire

États-Unis – La Fed est convaincue que l’inflation ne sera que temporaire

Publié14 juillet 2021, 23:33

Le président de la Banque centrale américaine (Fed) estime que l’inflation devrait ralentir, même si elle restera élevée «dans les prochains mois».

Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine, le 3 mars 2020, à Washington.

AFP

La très forte hausse des prix aux États-Unis suscite beaucoup d’inquiétudes, mais, a assuré le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, cela ne marque pas le retour de la spirale inflationniste des années 1970, et la situation devrait se stabiliser d’ici plusieurs mois.

L’inflation «devrait rester élevée dans les prochains mois avant de ralentir», a dit Jerome Powell mercredi après-midi aux élus de la Chambre des représentants, lors de son audition semi-annuelle. Car au-delà des chiffres, l’inquiétude est surtout que cette inflation s’installe durablement dans le paysage américain.

Si les perturbations mondiales d’approvisionnement ont fait grimper les prix de certains produits et services, cela «devrait s’inverser partiellement à mesure que les effets des goulets d’étranglement se dissipent», anticipe Jerome Powell. Les prix de l’essence ont particulièrement augmenté, de même que ceux des voitures d’occasion, alors que les loueurs reconstituent leurs flottes et que la production de véhicules neufs est considérablement ralentie par la pénurie mondiale de semi-conducteurs.

«C’est juste le cocktail parfait, avec une forte demande et une faible offre», a souligné le patron de la Fed. «À moins que nous ne pensions qu’il va y avoir une pénurie de voitures d’occasion aux États-Unis pendant plusieurs années, nous devrions considérer cela comme temporaire». Ses propos avaient rassuré Wall Street à l’ouverture mercredi matin, mais la Bourse de New York a clôturé en ordre dispersé.

Reprise complète

Le président de la puissante Réserve fédérale reste depuis des mois sur cette ligne, bien que la hausse des prix ait été, a-t-il reconnu, plus élevée et durable qu’initialement anticipé. L’inflation a atteint un niveau pas vu depuis 2008, +3,9% sur un an en mai selon l’indice PCE suivi par la Fed, +5,4% en juin selon l’indice CPI.

La comparaison est particulièrement défavorable avec les prix de l’année dernière, qui avaient plongé lorsque le monde se confinait. Cet effet va lui aussi s’atténuer, puisque les prix étaient doucement remontés en 2020 à partir de l’été. Certains pensent même que le pic d’inflation sur un an a déjà été atteint.

Jerome Powell, comme beaucoup d’économistes, continue d’anticiper une stabilisation de l’inflation à moyen terme autour de 2%, cible de la Banque centrale. Il en faudra en tout cas plus à la Fed pour resserrer ses conditions monétaires: elle «continuera à apporter un soutien puissant à l’économie jusqu’à ce que la reprise soit complète», a-t-il averti, assurant que l’institution se tient «prête à ajuster la politique monétaire» si l’inflation devait persister à un niveau élevé.

L’ancien secrétaire au Trésor de Donald Trump, Steven Mnuchin, a lui estimé sur CNBC que la Fed devrait «prendre de l’avance sur la courbe (de l’inflation), pour ne pas terminer avec des taux d’intérêt de 4 ou 5% qui ralentiraient la reprise».

Plein emploi

La Banque centrale avait, pour soutenir l’économie américaine face à la crise provoquée par le Covid-19, abaissé ses taux directeurs dans une fourchette de 0% à 0,25%, et achète chaque mois pour 120 milliards de dollars (110 milliards de francs) de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires. Mais elle veut, avant d’agir, voir ses objectifs atteints dans deux domaines: l’inflation et l’emploi. Or, «les conditions sur le marché du travail ont continué à s’améliorer, mais le chemin reste long» avant de retrouver le plein emploi, a souligné Jerome Powell.

Il s’est toutefois montré confiant sur le retour à un taux de chômage de 3,5%, celui d’avant la crise. Ce taux s’élevait encore à 5,9% le mois dernier. Pour lui, les importantes difficultés qu’ont certains employeurs à trouver des salariés, particulièrement pour les emplois les moins bien payés, devraient aussi s’atténuer dans les mois à venir.

«Ce sont des gens qui travaillaient en février 2020, ils veulent travailler (…), mais ils peuvent prendre un peu de temps supplémentaire dans de nombreux cas pour chercher un emploi qui paie mieux, ou qu’ils aiment mieux, ou (…) qui leur permet de travailler à domicile», a commenté Jerome Powell.

«On a du mal à faire correspondre les emplois et les personnes (…) mais je pense vraiment que, dans six mois, ils seront nombreux à avoir repris le travail et les salaires auront un peu augmenté pour les personnes au bas de l’échelle», a-t-il ajouté. Jerome Powell sera de nouveau interrogé jeudi, par les sénateurs cette fois.

Les grandes banques américaines ont engrangé de gros profits au deuxième trimestre alors que l’économie aux États-Unis continue à rebondir après le coup d’arrêt lié à la pandémie, les clients dépensant allégrement mais hésitant encore à emprunter massivement. Au plus fort de la propagation du Covid-19 l’an dernier, les établissements de Wall Street avaient mis des dizaines de milliards de dollars de côté pour faire face aux éventuels impayés des particuliers et entreprises.

Mais les faillites redoutées ne se sont pas concrétisées dans les proportions attendues. Et JPMorgan Chase, Citigroup, Bank of America et Wells Fargo, les quatre plus grandes banques de détail aux États-Unis, ont pu relâcher au total plus de 9 milliards de dollars (8,2 milliards de francs) de réserves au deuxième trimestre.

(AFP)

ARTICLES LIÉS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus populaires