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Fiscalité – L’Irlande martèle son refus de la taxe sur les multinationales

Publié15 juillet 2021, 14:21

Alors que G20 et OCDE ont accepté une réforme pour davantage taxer les multinationales, l’Irlande met les pieds contre le mur. Le pays accueille plusieurs entreprises américaines.

Parmi les multinationales, Dublin accueille le siège de Google en Europe.

AFP

L’Irlande a martelé, jeudi, son opposition ferme au projet de taxation mondiale des multinationales, refusant de signer le texte validé par le G20 et 132 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le pays, qui prospère grâce au taux avantageux de 12,5% d’impôt sur les sociétés, «ne va pas soutenir les projets tels qu’ils sont», a signifié le ministre des Finances, Paschal Donohoe, interrogé par la chaîne irlandaise RTE.

«Un élément clé de notre politique économique»

«Ce qui est sur la table pour le montant est un accord auquel l’Irlande ne peut pas prendre part», rappelant que le taux à 12,5% «est un élément clé de notre politique économique depuis des décennies». Si le pays devait monter son taux, cela créerait des «problèmes» pour les entreprises qui ont investi en Irlande, ajoute-t-il.

Ce système fiscal lui a permis d’accueillir le siège européen de toute une série d’entreprises américaines, géants de la technologie et de la pharmacie, dont les bénéfices ont grimpé pendant la pandémie.

Ne pas être hors la loi

Ces propos interviennent alors même que le quotidien «Irish Examiner» croit savoir que Dublin prévoit de renoncer à ce taux, par peur de devenir un État «paria» sur la scène internationale.

«L’Irlande va continuer à défendre les droits des petits pays à conserver des avantages compétitifs, mais nous ne voulons pas être un hors-la-loi en matière de fiscalité internationale», indique une source gouvernementale au quotidien irlandais.

Au moins 15%

Les ministres des Finances du G20 ont approuvé, samedi, ce projet de réforme fiscale, jugé «révolutionnaire». Il prévoit d’instaurer un impôt mondial d’au moins 15% sur les profits des plus grandes firmes internationales et de répartir plus équitablement les droits à taxer ces entreprises.

Les détails de cette réforme doivent encore être négociés jusqu’en octobre dans le cadre de l’OCDE, pour une mise en œuvre à partir de 2023.

Estonie et Hongrie réticentes

Outre l’Irlande, la Hongrie et l’Estonie sont les autres membres de l’Union européenne à avoir fait part de leur réticence. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, s’est, elle, dite confiante, mardi, que ces trois pays finiront par se joindre à l’accord.

(AFP)

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