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Amazon France : l’échec des négociations salariales

L’entrepôt logistique d’Amazon de Lauwin-Planque (Nord), le 14 avril 2022. FRANCOIS LO PRESTI / AFP

« Inadmissible ». L’intersyndicale d’Amazon France n’a pas jugé suffisante la proposition d’augmentation des salaires, relevée à 3,5 % par la direction. Jeudi 14 avril, la troisième – et dernière – réunion des négociations annuelles obligatoires s’est achevée sans accord. Depuis le 3 avril, le leader mondial de l’e-commerce fait l’objet en France d’arrêts de travail, donnant lieu, dans ses entrepôts, à des débrayages tournants et à des piquets de grève.

« La direction a passé sa proposition d’augmentation de 3 % à 3,5 %, et c’est tout », regrette Alain Jeault, de la CGT Amazon. Le chiffre, note l’intersyndicale, est inférieur à l’inflation, qui a bondi en mars à 4,5 % sur un an – du jamais-vu depuis 1985, selon l’Insee. C’est ce retour de la hausse des prix qui, comme dans nombre d’entreprises, inquiète les salariés.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Chez Amazon France, grève et débrayages « surprise » pour dénoncer des hausses de salaires « dérisoires »

« Au même moment, on apprend qu’Amazon impose aux commerçants une surtaxe de 5 % sur les prix des livraisons, au nom de l’inflation et du prix de l’essence », brocarde Morgane Boulard, de la CFDT Amazon. C’est valable pour eux, mais pas pour nous ? » Les syndicats répètent aussi que le bénéfice de l’entreprise de Jeff Bezos a crû en 2021 de 57 %, à 33 milliards de dollars (30 milliards d’euros).

L’intersyndicale reste « unie »

Sur les autres points de négociation, la direction a relevé la prime de départ à la retraite, mais les syndicats n’y voient qu’un retour à une offre bonifiée (6 400 euros net, d’après un élu), déjà accessible les années précédentes. La direction, elle, maintient que son offre est « très attractive ». Et supérieure aux augmentations de la branche ou des grandes entreprises en général (les budgets consacrés aux négociations annuelles obligatoires sont en hausse de 2,35 % en mars, selon le cabinet Deloitte).

Avec la hausse de 2 % accordée pour les négociations de 2021, le salaire chez Amazon aura augmenté de 5,5 % en deux ans, soit presque autant que les 6 % de hausse du smic entre octobre et mai 2022. Amazon liste aussi les autres avantages : 13e mois, prime de 150 euros en fin d’année, une action gratuite par an (à 2 900 euros en 2022)… La direction souligne enfin que les grévistes (2 000 personnes en cumulé sur quatorze jours, pour 12 500 salariés d’entrepôt) ne sont « pas majoritaires ».

L’intersyndicale, qui reste « unie », doit désormais décider de la suite. En l’absence de signature, l’entreprise peut décider unilatéralement. Les salariés voudront-ils se mobiliser davantage ? « La question de la grève reconductible, en continu, se pose », estime Laurent Degousée, de la fédération SUD Commerces, ajoutant que la situation à Amazon est « scrutée à l’extérieur ».

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