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les évêques de France s’insurgent contre les références à la Shoah

Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, la Conférence des évêques de France défend également les responsabilités «légitimes» du gouvernement sur la vaccination.

«Des réfractaires à la vaccination ont fait usage de l’étoile jaune. C’est une grave confusion de pensée. (…) La Shoah représente une horreur absolue à partir de laquelle nos conduites politiques doivent être jugées et non devenir un jouet au bénéfice de n’importe quelle cause». C’est par ces mots, particulièrement fermes, que les évêques de France ont choisi de prendre la parole dans un communiqué ce 22 juillet, après que des personnes réticentes au passe sanitaire ont comparé ces mesures à la Shoah ou au port de l’étoile jaune.

«La vaccination dont il est question est la réponse médicale disponible pour faire face à une épidémie qui risque de paralyser encore la vie économique mais surtout la vie sociale et les échanges d’affection et d’amitié. Elle ne nie pas la dignité d’êtres humains en justifiant leur élimination», clarifie encore la conférence épiscopale française (CEF).

Mais la CEF ne se contente pas de s’insurger contre ces comparaisons avec la Shoah – qui ont également soulevé une condamnation quasi unanime de la classe politique, de Jean-Luc Mélenchon (LFI) à François Asselineau (UPR). Contrairement à un premier communiqué plutôt prudent le 13 juillet, à la suite des annonces d’Emmanuel Macron, cette fois, la CEF clarifie sa position.

En rendant la vaccination «obligatoire pour certains et en imposant un passe sanitaire pour certaines activités, le gouvernement assure ses responsabilités légitimes sous le contrôle du parlement», écrit noir sur blanc la CEF. Quant au passe sanitaire, «il appartient aux instances juridictionnelles de notre État de droit de vérifier» que son imposition «est conforme au droit, limitée à la durée de l’épidémie sous une forme gravement contagieuse et que les restrictions aux libertés d’aller et venir sont proportionnées», poursuivent les évêques.

«Ne confondons jamais la liberté de voyager et celle d’exister ni la liberté d’aller au cinéma ou au café et celle de louer Dieu ou de ne pas le louer, même s’il est clair que l’État ni les citoyens ne doivent négliger que toutes les libertés se tiennent», insistent encore les évêques de France, en référence au fait que le passe sanitaire, cette fois-ci, ne concerne pas les lieux de culte – du moins pour tout ce qui relève du cultuel (prières, cérémonies religieuses, sacrements, etc.).

L’Église de France s’engage

De cette manière, l’Église de France invite à la confiance dans les instances juridictionnelles et démocratiques de notre pays, et prend nettement ses distances avec une frange non négligeable de ses ouailles très réfractaire à la vaccination, et d’autant plus aux conditions de ce passe sanitaire. En témoignent par exemple les premières réactions de fidèles catholiques en commentaire, sur le compte Facebook de la CEF, à ce communiqué. «Ce n’est certainement pas le rôle de l’Église de prendre parti dans ce débat», commente ainsi un homme. «C’est un sujet qui divise donc il aurait mieux valu vous abstenir de participer à la polémique», proteste un autre. «Le communiqué de la CEF est sans équivoque, bienvenu, et remet les pendules à l’heure de toute une frange de notre Église qui part dans un sens nauséabond», lui répond toutefois un autre fidèle. «Merci, enfin un texte juste et pertinent. Sans propos contre/pour les vaccins. Enfin le discours de juste milieu et équilibré que peu de personnes ont», félicite une autre catholique.

D’ordinaire connue, si ce n’est critiquée, pour sa propension à ne pas prendre position dans des débats sociaux ou politiques ces dernières années, et plus récemment lors des premiers mois de la crise sanitaire liée au Covid-19, l’Église de France entend cette fois montrer qu’elle est capable de prendre une position claire. En témoignait déjà sa décision, en novembre dernier, de déposer deux recours juridiques devant le Conseil d’État pour exiger le rétablissement de la messe. Un revirement dû notamment à l’indignation de plusieurs évêques, dont l’archevêque de Paris, entré en «colère noire» après l’annonce par le président de la République, fin novembre, de la fameuse jauge « limitée à 30 personnes» pour la messe.

Sans nul doute, ce nouveau communiqué risque d’alimenter le débat au sein des fidèles catholiques – tout en contentant ceux qui attendaient une position «claire» de l’Église de France.

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