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les présidents sur écoute, banale histoire de la Ve République

Emmanuel Macron aurait été la cible d’écoutes de la part des services marocains via le logiciel Pegasus. Si cette hypothèse a soulevé bien des réactions, l’espionnage de nos présidents n’est pas nouveau.

Emmanuel Macron aurait été mis sur écoute par les Marocains au moyen du logiciel espion Pegasus développé par la société israélienne NSO. La nouvelle a provoqué l’émoi au sein de la classe politique, mais Emmanuel Macron n’est pas le premier président a avoir été mis sur écoute, tant s’en faut.

Il ne faut pas remonter à bien loin pour retrouver des occurrences de scandale. En mai 2021, la National Security Agency, le très puissant service de renseignement technique américain était accusé d’avoir espionné plusieurs dirigeants européens – dont des dirigeants français – avec la complicité du Danemark.

Quelques années plus tôt en 2015, les WikiLeaks révélaient que cette même NSA avait espionné trois présidents français entre 2006 et 2012: Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange déclarait alors: «le peuple français a le droit de connaître que son gouvernement et ses élus sont sujets à une surveillance hostile provenant d’un allié supposé».

Mais déjà, ces révélations n’avaient soulevé d’autres réactions que quelques protestations convenues de la part des intéressés. Nicolas Sarkozy avait réagi en dénonçant, «des méthodes inacceptables en règle générale et plus particulièrement entre alliés», tandis que François Hollande, alors encore en fonction, avait convoqué un conseil de défense exceptionnel: exactement ce que fait Emmanuel Macron ce jeudi.

«Comme d’habitude, les hommes politiques crient au scandale pour le principe, mais ils savent bien que tout cela est inévitable», explique au Figaro Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). La raison est simple: la France a trop besoin de son allié américain pour se fâcher avec lui.

À VOIR AUSSI – Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Edwy Plenel… ciblés par un logiciel espion: Amnesty International résume l’affaire Pegasus

Technologie low cost pour pays émergents

Les présidents français ont toujours été écoutés, de De Gaulle à Emmanuel Macron, en passant par Pompidou ou Mitterrand. «La première chose qu’on explique aux nouveaux présidents, c’est qu’ils sont susceptibles d’être sur écoute en permanence», explique Vincent Nouzille, journaliste et auteur de l’ouvrage Dans le secret des présidents.

« La technologie développée par NSO permet un espionnage “ low cost ” pour des pays qui ne disposent pas des moyens techniques des grandes agences »

Vincent Nouzille

L’espionnage américain est aujourd’hui documenté. il est probable que d’autres pays aient aussi essayé, mais rien ne l’atteste formellement aujourd’hui. Les récents évènements marquent cependant un léger changement. Les accusations ne pointent pas une superpuissance comme les États-Unis ou la Russie, mais le Maroc. «La technologie développée par NSO permet un espionnage “low cost” pour des pays qui ne disposent pas des moyens techniques des grandes agences», explique Vincent Nouzille.

Seulement, le téléphone d’Emmanuel Macron susceptible d’avoir été mis sur écoute, est un téléphone personnel, et non l’un de ses lignes cryptées, qui restent ultra-sécurisées. «Il y a de grande chance pour que l’essentiel des informations ne soit pas d’un intérêt premier, explique encore Eric Denécé, qui rappelle qu’un président a plusieurs portables personnels. Mais cela peut toutefois permettre de glaner des informations personnelles, qui, pourquoi pas, peuvent être susceptibles de le faire chanter», ajoute-t-il.

Emmanuel Macron n’est pas le premier président à avoir été mis sur écoute, il ne sera probablement pas le dernier. La France ne demeure pas en reste en la matière. «Si les écoutes administratives sont très encadrées sur le territoire français, en dehors, la DGSE fait ce qu’elle veut, rappelle Vincent Nouzille. Elle n’a de compte à rendre à personne tant qu’elle ne se fait pas prendre».

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