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Royaume-Uni – La reprise freinée par les pénuries de matériaux et de main-d’œuvre

Publié23 juillet 2021, 13:24

Les indicateurs de croissance ne sont pas à la fête de l’autre côté de la Manche, notamment à cause de la pandémie de Covid-19.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson mise sur la levée des dernières restrictions ce lundi pour voir l’économie rebondir.

AFP

La reprise économique au Royaume-Uni est menacée par les pénuries de matériaux et de main-d’œuvre engendrées par la pandémie, même si les Britanniques profitent de la réouverture du pays pour dépenser à nouveau. L’activité privée a poursuivi son rebond en juillet au Royaume-Uni mais en subissant un sérieux coup de frein selon l’indice PMI publié vendredi. Le PMI «flash», soit une première estimation pour le mois en cours de l’activité dans les services et l’industrie, a ralenti à 57,7 points, un plus bas en quatre mois, indique le cabinet Markit dans un communiqué.

Un indice au-dessus de 50 points signale une croissance de l’activité dans le secteur privé, et une contraction en dessous de ce seuil. Le PMI britannique enregistre son plus faible niveau depuis mars, mois qui marquait le début de la réouverture d’une économie durement frappée par la pandémie. Les entreprises qui ont répondu à l’enquête ont surtout évoqué la difficulté à trouver du personnel ou des matières premières pour expliquer ce ralentissement de l’activité. Avec la reprise économique mondiale, la demande est très forte pour l’approvisionnement en matériaux, ce qui crée des goulets d’étranglement et augmente les factures.

Crise des quarantaines

«Les coûts des entreprises ont augmenté à un rythme jamais vu au cours des vingt années couvertes par l’enquête», signale Chris Williamson, économiste chez IHS Markit. Unilever a ainsi justifié en partie la baisse de ses résultats trimestriels jeudi en raison de l’inflation des coûts de fabrication. S’ajoute l’impact de la pandémie sur les travailleurs, notamment dans les transports et l’hôtellerie-restauration, qui sont très nombreux à devoir s’isoler au Royaume-Uni car désignés comme cas contact par l’application du système de santé publique, le NHS, du fait de la poussée du variant Delta.

Cette crise des quarantaines liées au covid-19, qui concernaient 600’000 personnes dans le pays pour la seule semaine dernière, s’ajoute aux difficultés de recrutement déjà exacerbées par le Brexit dans de nombreux secteurs, les formalités de permis de travail plus complexes ayant découragé beaucoup de travailleurs étrangers. Face aux craintes quant à l’approvisionnement alimentaire et aux inquiétudes des milieux économiques, le gouvernement vient néanmoins de consentir à assouplir les règles d’isolement.

Les données du PMI confirment celle d’une enquête de l’organisation patronale CBI jeudi montrant que la production dans les usines britanniques progressait à son rythme le plus rapide depuis 1995, mais pourrait ralentir désormais avec les pénuries. Par ailleurs, selon Markit, certaines entreprises ont même cité des difficultés persistantes liées au Brexit quand il s’agit d’exporter et de répondre à la demande à l’étranger.

Festivités de l’Euro

En revanche, l’activité est restée soutenue malgré tout par la levée des restrictions sanitaires, avec une hausse des dépenses des consommateurs, qui passent notamment leurs vacances dans le pays, et des carnets de commandes dans l’industrie. Selon l’Office national des statistiques (ONS) vendredi, l’Euro de football, où l’équipe d’Angleterre a brillé, a donné un coup de pouce aux ventes au détail de juin, principalement grâce à l’alimentaire. Elles ont progressé de 0,5% sur un mois, et sont en hausse de 9,5% comparées à février 2020, avant la pandémie.

Mais là encore, la soif de dépenses des Britanniques pourrait se heurter à la «pingdemic», jeu de mots entre «ping» (recevoir une notification de l’application de traçage) et «epidemic». «Si le nombre de contaminations continue à être élevé, les consommateurs ne sont pas en mesure de fréquenter leurs magasins préférés, et les ventes au détail vont souffrir», prévient Oliver Gatland, économiste au centre de recherche CEBR. In fine, pour M. Williamson, «le PMI suggère que la croissance du PIB ndlr: (produit intérieur brut), aura probablement ralenti au troisième trimestre, après avoir fortement rebondi au second trimestre». Selon lui, «les craintes sur le variant Delta ont relégué au second plan le jour de la liberté», à savoir la levée de l’essentiel des dernières restrictions depuis le 19 juillet au Royaume-Uni.

(AFP)

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