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JO 2020 – Du Giron du Nord-Vaudois à Arnex-sur-Orbe à l’or olympique

Publié25 juillet 2021, 21:06

L’Autrichienne Anna Kiesenhofer a été sacrée championne olympique de l’épreuve en ligne de cyclisme à Tokyo. Retour sur le parcours de cette «Lausannoise» de 30 ans, qui a prouvé dimanche que les maths peuvent servir à quelque chose.

L’Autrichienne a absolument tout donné.

AFP

On est en mars 2020. La pandémie de coronavirus commence à envahir le monde et à obliger les organisateurs à annuler toutes les compétitions sportives à travers la planète. Toutes? Non! Certaines résistent toujours au virus envahisseur, comme le Giron Cycliste du Nord vaudois, par exemple. Et lors de sa 2e étape, disputée le 8 de ce mois, c’est la Genevoise Elise Chabbey qui avait levé les bras au ciel au terme de la deuxième étape à Arnex-sur-Orbe.

Derrière la médecin du bout du Léman, deux athlètes moins connues ont complété le podium: la Suissesse Meret Zimmermann et une certaine Anna Kiesenhofer, coureuse amateur, certes, mais tout de même alors championne d’Autriche en titre. La cycliste de 30 ans était venue en voisine, elle qui est collaboratrice scientifique à l’EPFL de Lausanne, à la chaire des équations différentielles partielles. Elle court pour le Vélo-Club Echallens. Une équipe qui n’en a pas cru ses yeux dimanche matin et écrit sur son site internet que «même s’il n’a rien à voir avec cet exploit, le VCE est très fier de cette médaille et tient à féliciter chaleureusement Anna Kiesenhofer pour cette journée exceptionnelle!»

La chaire de quoi, me demanderez-vous… Et bien à en croire Wikipédia, une équation différentielle partielle n’est autre qu’une «équation différentielle, dont les solutions sont les fonctions inconnues dépendant de plusieurs variables vérifiant certaines conditions concernant leurs dérivées partielles.» Après Andrea Binotto, le coach de Neuchâtel Xamax, spécialiste de la géométrie riemannienne, ça commence à faire beaucoup de tête chez «nos» sportifs…

Confusion compréhensible

Ce dimanche, Anna Kiesenhofer a parfaitement représenté l’idéal olympique. Elle a oublié qu’elle n’avait aucune chance de gagner, est partie de loin et a réussi à résister aux retours des cadors du peloton professionnel féminin. Sa médaille d’or est une telle surprise, que sa seconde, la Néerlandaise Annemiek van Vleuten, a levé les bras sur la ligne, persuadée d’avoir arraché le titre olympique. Mais comme la course en ligne des Jeux est une des rares qui se dispute sans les oreillettes, la confusion était compréhensible.

Revenons à notre polytechnicienne, qui se décrit sur sa biographie Twitter comme «une Autrichienne vivant à Lausanne, post-doctorante en mathématiques, cycliste qui aime la montagne et le contre-la-montre et sélectionnée pour la course en ligne de Tokyo 2021». Son compte devrait tout bientôt, à n’en pas douter, se garnir d’un petit émoji en forme de médaille d’or. Pas sûr qu’elle-même ait osé en rêver la veille de l’épreuve. Car son chemin dans le cyclisme est tout sauf un fleuve tranquille.

L’histoire d’Anna Kiesenhofer est en effet celle d’un incroyable, presque improbable, retour du Diable Vauvert. La nouvelle championne olympique avait arrêté la bicyclette en 2017, quand elle s’était retrouvée sans contrat. Elle est d’ailleurs arrivée au Japon sans évoluer au sein d’une équipe professionnelle et elle en repartira avec de l’or autour du cou. Cette saison, à haut niveau, elle n’a disputé que ses championnats nationaux (titrée en chrono, 6e en ligne).

AFP

Son arrivée dans les pelotons, en 2014, n’était pas non plus gagnée d’avance. L’Autrichienne avait enfourché la petite reine uniquement un peu par défaut, après que diverses blessures l’ont empêchée de continuer sa carrière dans ses disciplines de prédilection: le triathlon et le duathlon. Elle a connu son premier succès en cyclisme deux ans plus tard, en terminant en tête du classement général de Coupe d’Espagne, avant de s’imposer au sommet du mont Ventoux, lors du Tour Cycliste féminin d’Ardèche 2017.

Ces victoires lui ont permis de signer son premier contrat professionnel avec la Lotto Soudal, où rien ne se passera comme prévu. Elle s’est alors retrouvée, il y a trois ans, sans proposition et a pris une année sabbatique loin de son vélo. Anna Kiesenhofer a repris une licence amateur la saison suivante, gagnant les titres nationaux contre la montre et en ligne, avant de terminer cinquième des Championnats d’Europe du chrono, excusez du peu. Autant dire que la laisser, ce dimanche, devant le peloton avec plus de cinq minutes d’avance n’était pas la meilleure des idées.

Hors peloton, la native de Niederkreuzstetten, tout au nord-est de l’Autriche, a un cursus encore plus impressionnant qu’une médaille d’or olympique. Elle détient un PhD en mathématiques de l’Université technique de Vienne et de l’Université de Cambridge, avant de compléter son doctorat en Catalogne en 2016, tout en continuant son petit bonhomme de chemin dans les pelotons. Aujourd’hui post-doctorante à l’EPFL, sa spécialité lui a permis de préparer au mieux ces JO de Tokyo.

Il y a un mois, l’Autrichienne avait en effet tweeté un graphique (voir ci-dessus) présentant son impressionnant travail de préparation et d’adaptation à la chaleur japonaise. Ça a payé dimanche encore bien davantage que ce qu’elle espérait. Comme quoi les mathématiques, finalement, ça peut vraiment servir dans la vraie vie!

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