mardi, juin 28, 2022
Marseille
couvert
22.2 ° C
23.7 °
19.1 °
51 %
0.6kmh
93 %
mar
26 °
mer
27 °
jeu
25 °
ven
29 °
sam
24 °
AccueilSociété«Il y avait de la poussière partout!»

«Il y avait de la poussière partout!»

REPORTAGE – Peu avant une heure du matin, lundi, deux immeubles du centre-ville de Bordeaux se sont effondrés. La mairie redoute un «effet domino».

De notre correspondante à Bordeaux,

Dans la rue de la Rousselle, lundi soir à Bordeaux, un tas de gravats gisait encore sur la chaussée et barrait la voie. Une légère odeur de terre et de poussière persistait. Les numéros 19 et le 21 se sont écroulés dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit et demi, faisant trois blessés dont un « gravement ». Depuis, dix immeubles du centre ancien de la ville, situés à proximité du sinistre, sont inaccessibles. Une centaine de riverains sont concernés, relogés par leurs proches ou aidés par la mairie.

Les experts redoutent « un effet domino » pouvant provoquer la chute des immeubles alentours, d’après le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, dans l’impossibilité d’annoncer une date de retour des habitants dans leur logement. Le risque pour les immeubles « les plus proches est évident », a-t-il rappelé, une fissure de quelques mètres étant visible sur un mur mitoyen de l’un des immeubles effondrés.

Une nacelle pour sortir les habitants

Au total, neuf personnes étaient présentes au moment du drame. L’homme de 28 ans « gravement » blessé était encore hospitalisé au CHU de Bordeaux lundi soir. Il a pu voir son frère et discuter avec lui. « Les informations dont nous disposons laissent entendre une amélioration de sa situation », a indiqué le maire de la ville. Deux autres blessés « légers », un homme de 48 ans et une femme de 38 ans, avaient été évacués peu après le drame. Les six autres habitants, « indemnes », sont sortis à l’aide d’une nacelle. Au total, neuf personnes étaient présentes au moment du drame. Les dix immeubles à proximité ont été vidés de leurs occupants lundi matin.

A la sortie du Palais des sports, ouvert aux évacués, Julien et Léa, 27 ans, étaient « encore sous le choc » après une réunion d’information en fin d’après-midi. Le couple habite à quelques mètres de l’un des immeubles écroulé. Dans leur sommeil, ils ont entendu « un gros bruit d’effondrement » qui « a fait trembler un peu tout ». Sortis « en panique » de leur appartement, les locataires ont frappé aux portes de leurs voisins pour les prévenir. Dehors, ils n’y « voyaient rien », : « il y avait de la poussière partout ». Léa l’a sentie dans ses cheveux toute la journée, malgré un shampoing. Hébergé chez des proches, le couple n’a pu récupérer que quelques papiers d’identité. La jeune femme, encore « en haut de pyjama », s’est « acheté un jean » pour la journée.

Inventorier les immeubles vétustes

Au moment du drame, l’un des immeubles était vide. Racheté en 2019 par un investisseur, le bâtiment subissait « quelques travaux sommaires de consolidation », confirme la mairie. Les raisons de l’effondrement ne sont pas encore connues. Les « conditions climatiques extrêmes » des deniers jours, de fortes pluies et des orages, pourraient constituer « un facteur aggravant », « sans que l’on puisse réduire » les causes à cette seule explication, a expliqué Pierre Hurmic.

La mairie s’ « inquiète » de l’état de certains immeubles du centre-ville. Elle prévoit de « lancer un audit » pour « inventorier » les immeubles du centre-ville « en état de vétusté et de délabrement ». Dans le centre de Bordeaux, « comme dans de nombreuses villes historiques » a rappelé Pierre Hurmic, 70% des résidences principales ont été érigées avant 1948. Mercredi dernier, deux immeubles soumis, eux, à un arrêté de péril se sont écroulés dans le quartier Saint-Michel, à quelques mètres de la rue de la Rousselle.

ARTICLES LIÉS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus populaires