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AccueilSociétéun procès en révision demandé

un procès en révision demandé

Condamné puis gracié, il reste coupable pour la justice. S’appuyant sur de nouvelles traces d’ADN, son avocate demande sa réhabilitation.

Trente ans et un jour après la mort de Ghislaine Marchal, tuée le 23 juin 1991 à Mougins (Alpes-Maritimes), la justice pourrait avoir à rouvrir le dossier. La défense d’Omar Raddad a annoncé qu’elle déposerait ce jeudi une requête en révision du procès de 1994, lors duquel l’ex-jardinier avait été déclaré coupable du meurtre de celle qui l’employait et avec qui il entretenait d’excellentes relations.

Lors des débats, de nombreux éléments techniques et l’analyse des profils des personnes impliquées avaient semé le doute et passionné les Français. Mais si nombre d’entre eux avaient pris le parti du mis en cause, son avocat, Jacques Vergès, n’avait pu obtenir l’acquittement. Omar Raddad avait été condamné à 18 ans de réclusion sans possibilité de faire appel, comme le prévoyait la procédure pénale à l’époque.

En 1996, le président de la République Jacques Chirac avait prononcé la grâce partielle du condamné, motivée par la persistance d’une opinion publique favorable, et par des tractations avec le roi du Maroc Hassan II, personnellement investi dans le dossier, Omar Raddad étant un de ses sujets. L’initiative élyséenne avait permis à ce dernier d’être libéré en 1998, après sept années d’incarcération.

En 2015, et à la suite de nouveaux protocoles scienti­fiques, quatre empreintes génétiques avaient été cette fois isolées, sur un morceau de bois ainsi que sur les deux portes du sous-sol où la victime avait été retrouvée. Sur lesquelles avait été tracée en lettres de sang la fameuse inscription « Omar m’a tuer » (sic)

Restant toutefois coupable aux yeux de la Justice, l’homme n’a depuis cessé de clamer son innocence. En 2002, la cour de révision avait rejeté une demande de nouveau jugement, faite sur la base de nouvelles empreintes relevées sur le lieu du crime. En 2015, et à la suite de nouveaux protocoles scientifiques, quatre empreintes génétiques avaient été cette fois isolées, sur un morceau de bois ainsi que sur les deux portes du sous-sol où la victime avait été retrouvée. Sur lesquelles avait été tracée en lettres de sang la fameuse inscription «Omar m’a tuer» (sic).

La «construction d’un coupable»

Plusieurs années ont ensuite été nécessaires pour qu’un rapport d’expert soit diligenté, rédigé par le spécialiste en analyses génétiques Laurent Breniaux. Selon le scientifique, cité par Le Monde, une empreinte inconnue serait notamment présente à une trentaine de reprises, dans les zones d’écriture et particulièrement à la fin des lettres tracées sur les portes. Les traces renforceraient l’hypothèse d’un «transfert primaire direct ou indirect au moment des faits», par le criminel. Une comparaison avec l’ADN de proches de Ghislaine Marchal s’est révélée infructueuse, mais des investigations sont toujours en cours.

Me Sylvie Noachovitch, avocate d’Omar Raddad, affirme désormais disposer «d’éléments scientifiques» qui justifient l’ouverture d’un procès en révision pour réhabiliter son client. Elle salue également le travail législatif de Georges Fenech et Alain Tourret, instigateurs d’une loi de 2014 qui a assoupli le droit de la révision des procès criminels, et qui a permis d’obtenir les éléments aujourd’hui «déterminants». L’écrivain et académicien Jean-Marie Rouart devrait également être présent au dépôt de la requête. Créateur dès 1994 du comité de soutien à Omar Raddad, il avait dénoncé la «construction d’un coupable».

» LIRE AUSSI – Affaire Omar Raddad: une nouvelle requête en révision va être déposée jeudi après des découvertes ADN

Interrogé, Me Henri Leclerc, ancien avocat de la famille de la victime, se borne à dire que le sujet «concerne la commission de révision». Quant à Omar Raddad, il est décrit par Me Noachovitch comme «confiant, de par les progrès scientifiques et la nouvelle loi. L’idée d’enfin obtenir justice lui remonte le moral».

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